"oh dracula" 1974
GINA PANE
L'art de Gina Pane émerge à la fin des années 60 lorsqu'elle
entame une série d’actions interrogeant le rapport que nous
entretenons avec la nature. Terre
protégée I (1968)
présente cent vingt petites structures de bois reliées les unes aux
autres par des ceintures de chanvre, et dont la surface a été
marquée par une inscription faite au feu. D’abord déployée en
pleine nature, cette installation a ensuite été déplacée en
intérieur. Dès lors, le sol des galeries présentant l’installation
se trouve couvert de terre, afin que l’artiste puisse y déposer
les cent vingt petites boîtes, comme elle le faisait auparavant en
pleine nature.
Cette œuvre veut ainsi réactiver la dimension
rituelle d’un geste en voie de se perdre: celui de la main de
l’homme se plongeant dans la terre, au moment même où
l’urbanisation et la mécanisation de l’agriculture connaissent
leur essor. La sensibilité de Gina Pane semble alors avoir mis le
doigt sur un problème qui nous est depuis devenu familier: celui de
la préservation de la nature.
Enfoncement
d’un rayon de soleil se
présente comme une œuvre plus poétique, dont quatre clichés
photographiques et quelques dessins préparatifs viennent rapporter
la performance de Gina Pane. On la voit creuser un trou dans la terre
puis, à l’aide d’un petit miroir venant réfracter la lumière
du soleil, dévier un rayon vers le fond de la cavité afin de
réchauffer cette parcelle.
Cette œuvre vient également
attester du processus de création de Gina Pane: ses performances
étaient pensées et détaillées dans des petits schémas ou des
petits dessins rendant compte des différentes étapes de l’action
à exécuter. Et la photographie vient relever des moments clés de
la performance.
Gina
Pane déplace ensuite la question du corps dans son rapport au public
et à la figure de l’Altérité. Azione
sentimentale (1973)
demeure en ce sens la performance la plus éloquente et la plus
marquante de cette période. A nouveau, l’action se décompose en
deux mouvements successifs.
Dans un premier temps, Gina Pane,
toute vêtue de blanc, répète deux fois une même séquence avec un
bouquet de roses blanches, puis un bouquet rouge. Elle va et vient
avec les bouquets, prend une pose fœtale puis se lève, face à un
public dont le premier rang doit être exclusivement féminin. La
performance atteint son paroxysme lorsque Gina Pane s’enfonce des
épines de rose dans le bras, puis s’ouvre la main avec une lame,
transformant ainsi son bras en tige et sa main en bouton de rose.
Pourtant,
cette violence faite à soi-même ne doit pas s’interpréter comme
un acte masochiste ou dégradant. Car il faut comprendre que la
violence que s’inflige Gina Pane est une action tout à fait
déterminée et incarne un langage rigoureux. La blessure infligée
est un acte «lucide, prudent et retenu» comme l’explique
elle-même l’artiste. Elle exprime aussi le don de soi envers
l’autre, lorsque le corps, en se faisant rose, incarne l’amour ou
l’érotisme.
" Terre protégée" 1968 version extérieure
"Terre protégée" 1968 version musée
" enfoncement d'un rayon de soleil" 1969
"azione sentimentale" 1973
"azione sentimentale" 1973
YOKO ONO
Yoko
Ono est
une artiste à la fois plasticienne, musicienne, vidéaste et
engagée pour la paix.
(Cut
Piece)1964
Cette
œuvre a été interprétée à Kyoto, Tokyo, New York et Londres.
Yoko Ono en est l’interprète habituelle, elle
arrive
sur scène, s’assoit, pose une paire de ciseaux devant elle et
demande aux spectateurs de monter un par un sur la scène et
de
couper un morceau de son vêtement au
choix
et de l’emporter. L’interprète reste immobile pendant toute la
durée de l’interprétation.
La pièce se termine lorsque
l’interprète le décide.
Cette
pièce à une seconde version pour
le public :
On
informe les spectateurs qu’ils peuvent couper les vêtements des
autres spectateurs.
L’œuvre dure tant que les spectateurs en
ont envie.
Yoko
Ono, “Strip-Tease Show”, 1966
https://youtu.be/lYJ3dPwa2tI
VALIE EXPORT
Waltraud
Lehner, dite Valie Export est une artiste autrichienne, née en 1940
à Linz. Artiste engagée, elle réalise à la fois des performances,
des vidéos et des photographies conceptuelles
En
1968 avec (Selbsportrait), VALIE EXPORT affiche son identité :
l’année précédente, elle avait gommé son
nom de naissance et s’était approprié une marque de cigarettes
bon marché – Smart Export – comme nom d’artiste et
raison sociale.
D’emblée,
la jeune artiste bousculait l’ordre établi des choses et lançait
son travail avec une détermination rebelle. Le fait d’être femme
sera la matière de son art. 1968, la date mérite d’être
soulignée – alors qu’aujourd’hui les Sixties résonnent
fréquemment comme une variante du « rétro » –,
l’Autriche finissait d’être secouée par les actionnistes
viennois et leur violente et outrageante révolte. VALIE EXPORT leur
doit sans doute beaucoup, mais les renvoie à leurs attitudes
machistes et misogynes et promène dans le centre de Vienne un homme
tenu en laisse comme
un chien (« Mappe des Hundigkeit » [De l’archive
canine], 1968). Cette performance ne doit toutefois pas être vue
comme une plaisanterie sadique pour humilier le machisme…
Elle
questionne ce que l’on est amené à ressentir lorsqu’on est
contraint à vivre un rôle qui n’est pas le nôtre.
Son
corps devient médium : en confrontation directe avec le réel,
accusant sans détours l’emprise autoritaire masculine, il
questionne l’identité féminine, féministe, corporelle, sexuelle
(série des photographies « Identität-transfer »).
Dans les années 1960-1970, renonçant aux musées et aux
galeries, trop conservateurs pour ses propositions expérimentales,
VALIE EXPORT a choisi les rues pour y agir. Ses performances
déployaient une charge provocatrice singulière dont l’audace
conserve aujourd’hui tout son pouvoir de subversion : offrir
ses seins au toucher masculin au travers d’une boîte qui les rend
invisibles (« Tapp und Tast Kino », 1968), entrer dans un
cinéma avec des jeans échancrés autour de son sexe et un fusil à
la main (« Aktionhose : Genital Panik », 1969)… VALIE
EXPORT retourne comme un gant la position de la femme : d’objet
elle devient sujet, c’est elle qui tient le rôle actif et détient
le pouvoir.

"Selbsportrait" 1968
" de l'archive canine" 1968
" identity transfert" 1968

"Tapp
und Tast Kino"1968
CAROLEE SCHNEEMANN
Son
œuvre est principalement caractérisée par une recherche sur les
traditions archaïques visuelles, les tabous, et le corps de
l'artiste dans sa relation dynamique avec le corps social.
Carolee
Schneemann est une artiste américaine née le 12 octobre 1939 à Fox
Chane en Pennsylvanie. Artiste interdisciplinaire, elle débute avec
la peinture, puis essaye la vidéo, créée des installations et
réalise des performances. Nous allons mettre l’accent sur une de
ses œuvres, Eye
Body : 36 transformative actions,
réalisée en 1963. Cette performance est immortalisée par une
série de 36 photographies où l’artiste pose nue peinturlurée
avec des motifs tribaux accompagnée de différents objets-matériaux
posés sur elle (laine, fourrure, serpent). Elle fait sa performance
au sein de son atelier constitué de divers objets (œuvres
picturales, morceaux de bois, bâche) et est photographiée par
l’artiste peintre Erro. Par le biais de cette performance,
l’artiste explore son corps et pousse la connotation érotique
voulant alors questionner les normes sociales et de genres, par le
regard que l’on porte sur son œuvre. Le corps est alors posé
comme matériau et Carolee Scheenmann comme artiste maîtresse de son
corps, de son œuvre.
Elle
dira notamment « Je
suis à la fois l’artiste, le fabricant de l’image et l’image »¹.
Il y a une totale maîtrise de la conception. Son œuvre est engagée
dans la reconnaissance de la femme comme artiste, et non comme muse
ou modèle : idée encore très présente dans la scène artistique
des avants-gardes américaine des années 60 où elle s’inscrit. Si
nous revenons au titre de l’oeuvre Eye
Body : 36 transformatives actions,
cela renvoie au corps comme le médium
de la transformation physique, Carolee Schneemann se transforme dans
quelques-unes de ses actions en femmes mythiques, puissantes et
historiques. Ainsi, l’artiste s’intéresse au corps et son
rapport à l’histoire, au monde et à soi. La question du regard
est très intéressante car elle implique un regard tripartite,
celui de l’artiste, de celui qui photographe et du notre,
spectateur. Ainsi, cette question du regard, de l’espace choisi, et
du corps seront
abordées dans cette article, qui ensemble participe à
l’intelligence de l’œuvre de Carolee Schneemann.

"eye body" 36 transformation 1963
VITO ACCONCI
VITO
ACCONCI
Avant
d’expérimenter des médias comme la photographie,
le son ou
la performance,
Vito Acconci se consacrera d’abord entièrement à la poésie.
Ayant fait des études de littérature à Holy
Cross College en 1962 et
de poésie à l'université
de l'Iowa en 1964,
il écrit des nouvelles dans le magazine Olympia et
crée la revue 0
to 9.
Bien avant de passer aux visuels, Vito Acconci a déjà une approche
très plastique de l’écriture et de la page qu’il considère
comme un espace de performance réduit. C’est à partir de cette
notion d’espace qu’il entame une série d’expérimentations sur
différents media afin d’explorer l’espace réel, temporel,
social ou encore culturel. Mais c’est surtout à travers ses
performances physiques qu'Acconci sera reconnu. À partir
de 1969 avec Following
Pieces,
« Une
fois par jour, où que je sois, je prends un badaud au hasard en
flature. Chaque jour, je suis une personne différente ; je ne
m'arrête de la suivre que lorsqu'elle a disparu dans un espace privé
(chez elle, au bureau, etc.) » où je ne peux pas entrer.
il consacre son travail à l’étude expérimentale de la place de
son propre corps et de celle du spectateur.
Parmi
les spectacles, Seedbed est le plus célèbre, et
est reconnu comme l'une des plus importantes œuvres d'art en direct
des années 1970. Dans une galerie autrement vide, une rampe a
été construite sur le sol s'étendant du centre de la galerie à la
paroi arrière. Au cours des heures où le travail a été
activé, les mercredis et samedis lors de l'exposition, Acconci s'est
positionné dans l'espace confiné sous la rampe et a plusieurs fois
été masturbé, en utilisant le son des visiteurs qui se promenaient
au-dessus de lui pour alimenter ses fantasmes sexuels. Il a
parlé dans un microphone et son monologue onaniste a été transmis
aux visiteurs par des haut-parleurs installés dans les coins de la
galerie
following peace 1969/2011
"seedbed" 1972
https://www.dailymotion.com/video/x7ygpc_vito-acconci-seedbed-1972_creation
MARINA ABRAMOVICK ET ULAY
VITO
ACCONCI
Avant
d’expérimenter des médias comme la photographie,
le son ou
la performance,
Vito Acconci se consacrera d’abord entièrement à la poésie.
Ayant fait des études de littérature à Holy
Cross College en 1962 et
de poésie à l'université
de l'Iowa en 1964,
il écrit des nouvelles dans le magazine Olympia et
crée la revue 0
to 9.
Bien avant de passer aux visuels, Vito Acconci a déjà une approche
très plastique de l’écriture et de la page qu’il considère
comme un espace de performance réduit. C’est à partir de cette
notion d’espace qu’il entame une série d’expérimentations sur
différents media afin d’explorer l’espace réel, temporel,
social ou encore culturel. Mais c’est surtout à travers ses
performances physiques qu'Acconci sera reconnu. À partir
de 1969 avec Following
Pieces,
« Une
fois par jour, où que je sois, je prends un badaud au hasard en
flature. Chaque jour, je suis une personne différente ; je ne
m'arrête de la suivre que lorsqu'elle a disparu dans un espace privé
(chez elle, au bureau, etc.) » où je ne peux pas entrer.
il consacre son travail à l’étude expérimentale de la place de
son propre corps et de celle du spectateur.
Parmi
les spectacles, Seedbed est le plus célèbre, et
est reconnu comme l'une des plus importantes œuvres d'art en direct
des années 1970. Dans une galerie autrement vide, une rampe a
été construite sur le sol s'étendant du centre de la galerie à la
paroi arrière. Au cours des heures où le travail a été
activé, les mercredis et samedis lors de l'exposition, Acconci s'est
positionné dans l'espace confiné sous la rampe et a plusieurs fois
été masturbé, en utilisant le son des visiteurs qui se promenaient
au-dessus de lui pour alimenter ses fantasmes sexuels. Il a
parlé dans un microphone et son monologue onaniste a été transmis
aux visiteurs par des haut-parleurs installés dans les coins de la
galerie
"Relation work"1977
https://youtu.be/1sRSoGAc3H0
"relation in space"1979
https://youtu.be/I8Iba_3kVQw
MERCE CUNNINGHAM
Né
en 1919, Merce Cunningham, après une formation initiale à la
Cornish School, intègre la compagnie de Martha Graham, une référence
de la danse moderne. Mais, rapidement insatisfait, Cunningham quitte
dès 1945 la troupe de Graham et va commencer à composer ses propres
chorégraphies
Si
la danse contemporaine parvient à nous surprendre, nous émouvoir,
nous faire réfléchir, elle le doit sans aucun doute à un seul
homme: Merce Cunningham. Le chorégraphe américain a bouleversé les
codes de la danse moderne et posé les bases de la danse
contemporaine telle que nous la connaissons maintenant.
Dès
sa première pièce 16
danses pour soliste et compagnie de trois,
Cunningham intègre un concept novateur dans la danse: le hasard. Il
refuse donc l'idée de fil conducteur et choisit l'ordre des sections
de sa chorégraphie au hasard (des pièces de monnaies jetées en
l'air décident pour lui). Cunningham surprend son spectateur, il le
rend aussi actif. Il
intellectualise son art et
contraint le spectateur à la construction d'un sens à ce qu'il
voit.
Cunnigham
découple la danse de la musique. La chorégraphie ne suit plus le
rythme de la musique, mais est définie par un temps précis. La
danse compose alors sa propre musique, et chaque geste, chez
Cunningham, peut être perçu comme une note.
«
Le mouvement est expression au-delà de toute intention » (M.
Cunningham).
Cage
suggère que la musique est un bruit, que tout bruit constitue une
matière musicale ; il substitue l’aléatoire aux lois de
composition
musicale.
Cunningham,
pour la danse, mènera une démarche « parallèle » où la danse ne
sera considérée que comme mouvement à l’état pur.
Le
mouvement sera exploré pour lui-même, le mouvement en lui-même est
objet d’expérimentation. Donc nul n’est besoin de thème,
d’intrigue
; toute implication symbolique ou psychanalytique est rejetée.
Le
spectateur est entraîné par le rythme des pas des danseurs. Le
chorégraphe laisse une liberté importante à ses danseurs dans
l'utilisation de l'espace. Ceux-ci peuvent se mouvoir dans tout
l'espace disponible. Il n'y a pas de hiérarchie chez les danseurs ,
chacun est "son propre centre" contrairement à la danse
classique. Et si on perçoit chez Cunningham l'influence de la danse
classique (dans certains mouvements), il n'y a toutefois pas de
"danseur étoile" dans ses pièces. Le spectateur peut donc
laisser divaguer son regard parmi les danseurs et ne pas se
concentrer sur un seul. La liberté des danseurs permet celle du
spectateur.
Cunningham
assimile la danse à un spectacle total (idée que l'on retrouve chez
Philippe Decouflé). Il intègre divers arts (musique, arts
plastiques, vidéo) à ses chorégraphies. Cunningham est le premier
à utiliser la vidéo en filmant ses chorégraphies. Elle n'est pas
juste un support, la vidéo est partie prenante de la chorégraphie
dans un désir d'universalisation de cet art. Sa théorie du hasard
le pousse à travailler aussi avec l'informatique. Il crée avec des
informaticiens le logiciel Lifeform.
Avec ce logiciel il essaye depuis
trackers en 1991,
avec un danseur modélisé, de combiner des mouvements aléatoires
dans un ordre lui aussi indéfini.
En
1999 il crée la pièce biped, composer de 14 danseurs sur une durée
de 47 minutes. Les danseurs sont habillés d’académique bleu et
ils portent des capteurs qui enregistrent leur mouvement et les
modélise en 3d c’est ce qu’il appelle la motion capture. Ces
mouvement sont reproduit numériquement par les lumières sur la
scène.
Cunningham
est en perpétuel renouvellement de son art, poussant encore plus
loin sa théorie du hasard. Cette recherche s'achèvera à sa mort,
en 2009.
Son
travail me permet d’opérer un transition de taille car nous voici
arriver dans les années 90.
"16 danses pour solistes et compagnie de trois" 1960
procéder life forms
https://youtu.be/ROmTHBg8Nw0
.
"biped" 1999
http://www.ina.fr/video/CAC99046732
JOHN CAGE
LILI REYNAUD DEWAR
My
Epidemic (Small Modest Bad Blood Opera)
2015
Installation.
Tissu, encre, peinture, métal, enceintes, amplificateurs, vidéos,
écrans LED, bande son
29
min 58 s
Musique
composée par Nicolas Murer
L’opéra
représente une forme optimale en ce sens qu’il associe la quasi
totalité des pratiques artistiques — chant, musique, danse,
écriture (livret), sculpture (décor, scénographie) — à
laquelle l’artiste a rajouté un art « de notre époque » :
la vidéo. Les « machines » de Reynaud Dewar ne
représentent pas seulement une réflexion sur l’évolution des
formats de l’art contemporain, elles sont au service d’un regard
approfondi sur la société dans laquelle nous vivons
https://youtu.be/1sK5SG2llAA
https://youtu.be/utAyetTYNxQ
my epidemic 2015
https://youtu.be/OyjLf4NmHX8
FRANCISCO LOPEZ
artiste
sonore espagnol
Les
performances sonores de Francisco López sont quelque chose au-delà
d'un concert de musique «normal». Une expérience immersive
sonore intense et riche dans l'obscurité, avec un système sonore
multi-canaux surround et des chevauchements fournis au public. Les
mondes virtuels du son créés à partir d'une myriade de sources
originales recueillies dans le monde entier - des forêts tropicales
et des déserts à des usines et des bâtiments à partir de
multiples sites dans les cinq continents - et muté et évolué
pendant des années de travail de studio grâce aux compétences de
composition de Maître de López univers.
L'espace
est reconfiguré avec un système surround multi-canaux autour du
public, qui est placé dans des sièges disposés en cercles
concentriques face à la gamme extérieure de haut-parleurs.
Il
a collaboré
avec
VALENTINA LACMANOVIC
.
Valentina
Lacmanović est une artiste performeuse
et
danseuse
. Elle
a une Maîtrise
en philosophie (Université Paris VIII). À partir de 2001, son
travail s’
inspire
des rituels, des
pratiques chamaniques et des
états de transe.
Immersive sound festival akira angleterre 2015
With-In performance trailer Valentina Lacmanović & Francisco López
https://youtu.be/RhOXB-t4Siw
DAVIDE BALULA
Davide
Balula est né en 1978 à Annecy,
David
Balula exploite toutes les formes de matières naturelles (solide,
liquide, gaz, feu), ainsi que des structures et systèmes artificiels
(architecture, réseaux virtuels) pour générer des peintures, des
sculptures, des photographies, des performances et des interventions
spécifiques au site. Il engage ces forces à alimenter les
gestes artistiques contingents. Dans River
Paintings ,
il lit la représentation du paysage en immergeant les toiles dans
les rivières et les ruisseaux pour les inonder avec de l'eau, du sol
et des algues. Les
peintures enterrées conservent
les taches et les sédiments sous terre, tandis que les peintures
artificielles sont
placées dans des chambres climatiques et soumises à l'humidité et
aux températures extrêmes. Souvent, le spectateur est
impliqué:
La
performance et la collaboration imprègnent également l'art de
Balula. Dans Endless
Pace (Clock mécanique pour 60 danseurs) ,
organisé pour la première fois à Performa 09 à New York en 2009,
soixante danseurs ont formé un cercle énorme et ont interprété
les mouvements d'une horloge, marquant le passage du temps par
l'improvisation humaine. En 2016, il crée Mimed Sculptures, une
présentation réalisée d'œuvres canoniques de sculpture. Au-dessus
des plinthes vides de différentes tailles, un groupe de mimes forme
l'air de leurs mains, reconstituant des sculptures modernistes
iconiques de Louise Bourgeois, Alberto Giacometti, Barbara Hepworth,
David Smith et Henry Moore, pendant toute la semaine illimitée d'Art
Basel.
Mimed
sculpture :
Le
rôle de l'auditoire dans le processus créatif d'une œuvre d'art
est au centre de cette exposition. Différentes formes de
participation sont offertes, en suivant des structures
directionnelles évoquant des processus critiques de pensée ou
générant une collaboration avec d'autres.
mimed sculpture 2016 performance avec 6 mimes et 6 piedestaux
Endless space (Clock mécanique pour 60 danseurs) ,
organisé pour la première fois à Performa 09 à New York en 2009
https://youtu.be/Hr3lx28m0yc
MEREDITH MONK
Dolmen
Music est considéré par certains critiques comme l'un des meilleurs
enregistrement de Meredith Monk, l'album a notamment remporté
le German
Critic Best Record en
19812.
http://www.deezer.com/artist/2736
dolmen music 1981
https://youtu.be/7su7d76LhWg
CHARLES PENNEQUIN
Charles
Pennequin est né le 15 novembre 1965
à
Cambrai, dans le Nord de la France.
À
l’heure actuelle, il cherche à comprendre la vie.
Charles
Pennequin écrit un livre pour ça.
Si
au bout du livre on n’a rien compris,
alors
il faudra laisser tomber le livre par terre.
Peut-être
même le livre tombera par terre avant.
Peut-être
il n’y a rien à comprendre, pas une ligne.
Ne
lisez pas les lignes pour comprendre la vie.
La
vôtre de vie,
ou
la mienne.
Souvent
on dit ça.
On
dit : J’ai la vie mienne.
Et
je comprends rien.
Charles
Pennequin écrit un livre
qui
aide à rien comprendre au vivant.
Charles
Pennequin est vivant.
Absolument
vivant.
C’est-à-dire
dans la merde.
"tomber
dans la danse" 6/12/16
Je
n’aime pas le mouvement. Tous les mouvements. Je n’aime pas quand
ça bouge, quand il faut que ça bouge, que ça change. Fini le
changement. Plus de mouvement ni de changement, ni de ça bouge.
Bougeons dans le vent. Le vent ça sent. Nous tombons du vent. Le
vent est mort et nous avec dans son mouvement. Son mouvement au vent
c’était de danser. Le grand dansement. Le dansement c’est la
danse qui nous ment. Nous ne voulons plus du mouvement, nous voulons
du ment dansé, et c’est très différend, car nous ne voulons pas
de la dépense. La dépense ment, tout comme la pensée. Nous tombons
dans la danse. Nous nous laissons penser par elle. D’ailleurs elle
ne pense pas la danse, elle pense-ment, car penser c’est déjà
faire mouvement. Et à bas tous les mouvements ! A bas les pansements
! Nous dansons comme des écrasés. Nous n’avançons plus, sauf
pour nous écarter du mouvement. C’est le mouvement de tout un
chacun. C’est la danse à tout le monde. Alors nous nous écartons
de tout le monde, c'est-à-dire de nous-mêmes. Nous sommes un corps
qui change seulement pour danser. C’est-à-dire pour ressembler à
l’écraser. Nous organisons la danse presse-purée. La danse
cloporte. La pensée ne danse pas. Elle veut du mouvement. Elle veut
également le grand écart. Le chant et le son. La musique et la vie.
Tout ces écartements d’exister entre hier et maintenant pour
malgré tout danser dans le grand cirque du vivant. Mais nous nous
voulons la mort par écrasement, pas par la fuite. Penser est une
fuite désespérée. Nous voulons la danse du ratatinement, pas du
mouvement. Nous ne sommes pas morts. Nous sommes juste extrêmes.
Extrêmement justes et vivants, jusqu’au prochain numéro. Le
numéro suivant est le grand écart qui nous rassemble, le grand
écart qui entre en nous-mêmes, par la parole et le geste. Pas par
le mouvement. A bas les mouvements !

TOMBER LA DANSE 2016
https://youtu.be/movnthWGK-g
NADIA VADORI-GAUTHIER
Le
champ qu’elle explore aujourd’hui est celui de la performance.
Les disciplines dont elle nourris sa pratique sont l’art, la
philosophie, les neuro-sciences, les sciences cognitives et les
sciences de la nature, l’ethnographie, l’éthologie...
Elle
questionne les frontières entre l'art et la vie, le visible et
l'invisible, le mouvant et la forme, et base son travail sur
différents états de corps et de conscience.
Ça
l’engage à chercher différents modes somatiques, individuels et
collectifs. ses thèmes actuels de recherche, basés sur la mise en
œuvre d’un continuum théorique-pratique, concernent différents
seuils de perception et de représentation dans le processus de
création, ceci afin de produire un art qui reste connecté à la vie
et qui permette de tisser de nouveaux agencements collectifs, en
relation aux personnes et aux environnements, à partir de
copropriétés fluides et ouvertes. Ainsi, elle questionne le
regard ainsi que les rapports au devenir-animal, à la nudité et à
l’inconscient.
Engagée
dans la mise en œuvre d’une poésie active et vivante, elle
développe des hypothèses transversales et inter-disciplinaires de
recherche (arts plastiques et visuels/ vidéo/ poésie sonore/ danse/
performance in situ/ philosophie/ poétique), dans l’objectif
de proposer des alternatives à la représentation en tentant de
contribuer à penser de nouvelles modalités d'images dans les champs
scéniques, chorégraphiques et performatifs, envisageant mes
propositions non pas comme destinations formelles mais comme des
vecteurs, esthétiques/ politiques/ somatiques de connexion au
vivant.
Dans
un monde essentiellement basé sur l’image, je propose d’investir
un corps qui n’a pas d’image à priori, et cette liberté me
semble être une des clés de voûte de mutations esthétiques
profondes.
http://www.leprixdelessence.net/
http://www.leprixdelessence.net/ressources-1/sons/
http://www.uneminutededanseparjour.com/
AMINA DAMERDJI
Pourquoi
votre attirances vers la poésie-performance et sonore ?
Ah…
cela a été un cheminement. Je me souviens que
la première claque que je me suis prise, c’était en janvier
2014, quand je suis allée écouter pour la première fois
Charles Pennequin à la Java. Je me suis tout à coup dit
que la poésie pouvait être aussi cette forme de vie.
Extraordinairement vivante, qui liait
politique, quotidien, narration, émotion et
pensée sur la littérature. Et qui liait les
sens aussi : la vue et l’ouïe très puissamment. Et je
voyais les gens dans la salle qui entraient complètement
dans cet univers et ce texte dit tout haut. Je me souviens
en particulier avoir entendu quelqu’un sortir
de la salle à la fin de la lecture disant qu’il ne lisait
jamais de poésie mais que cela lui donnait envie d’en
lire. C’est pour cela que je pense que la poésie dite «
orale » et la poésie dite « écrite » ne sont pas du tout
antagoniques. Les deux fonctionnent, l’oral et
l’écrit, comme des balanciers, des mouvements qui
parfois se questionnent dans leurs différences
mais qui peuvent aussi se compléter.
C’est
d’ailleurs ce que j’essaie de faire de plus en plus dans ma
pratique. Je me suis ensuite beaucoup intéressée
à cet univers poétique que je découvrais, à
l’historique Bernard Heidsieck, qui m’a bouleversée,
complètement. Et à beaucoup de poètes vivants
mais plus âgés que moi (Serge Pey, Nathalie Quintane,
Jean-Michel Espitallier, Edith Azam et d’autres, je ne
peux pas tous les citer). Et dans ce parcours, l’autre
bouleversement ça a été d’entrer dans
l’oeuvre de Julien Blaine (je pense avoir lu tout ce qu’il a
écrit, ce qui n’est pas peu et vu toutes les captations
de lectures et performances, ce qui n’est pas peu
!), si riche, si intéressante, si protéiforme,
qui lui aussi a sorti la poésie de la page de multiples
façons, parfois en l’enserrant très visuellement
sur le papier : la poésie visuelle est aussi pour moi une façon
de décoller la poésie de la page du livre marchandisé.
Je m’arrête car j’ai déjà été trop longue et je pourrais
en parler des heures.
"Papa je veux être poéte" 2014
https://youtu.be/ydlmcj4VAlc
Tue toi 2016
https://youtu.be/dmTHY3929HU
SEBASTIEN LESPINASSE
Poète
performeur, Sébastien Lespinasse aime provoquer des situations et
des rencontres dans des lieux inattendus (laveries, gares...). Depuis
plusieurs années, il explore les possibilités d'une mise en
vibration de l'écriture par la projection du souffle: ses recherches
l'ont ainsi conduit vers les pionniers de la poésie sonore (Kurt
Schwitters, Tristan Tzara ou Isidore Isou) et à l'élaboration d'une
forme de poème-partition au déroulement imprévu
Bruit de bouche pneuma récital 2009
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cBAR8Kp/rj9A4a
JULIEN BLAINE
Julien
Blaine est né en 1942, à Rognac, au bord de l’Étang de Berre,
flaque de mer jadis bleu-azur, aujourd’hui marron glacé. Il vit
Ventabren et à Marseille et nomadise le plus possible.
Dénommé
aussi Christian Poitevin (patronyme) et d’une ribambelle d’autres
noms.
Éditeur de Doc(k)s et d’une ribambelle d’autres
périodiques.
Auteur de 13427 poèmes métaphysiques et d’une
ribambelle d’autres livres et catalogues.
Exposant de “du
sorcier de V. au magicien de M.” et d’une ribambelle d’autres
expositions.
Organisateur des Rencontres Internationales de
Poésie de Tarascon et d’une ribambelle d’autres
manifestations.
Fondateur du Centre International de Poésie de
Marseille (C.I.P.M.) et d’une ribambelle d’autres espaces
culturels.
Chantier : la poésie n’intéresse personne, la
5ème feuille ou l’écriture originelle, se constituer vrai/ment
grand-père, le Verssicône, Chom’art,
La poésie est morte 1978
Tournée "Bye-bye la perf"
Images extraites du film "Bye-Bye la perf", réalisé par Marie Poitevin, 2005http://documentsdartistes.org/artistes/blaine/repro1-4.html
Danser le tango et la valse avec des carcasses de moutons ou de porcs, piétiner des volailles plumées et attendre que le dernier poète vienne ressusciter feue la poésie.
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"Éléphante et la chute"
Ce film est une rencontre avec deux de ses performances : la chute dans les escaliers de la gare Saint-Charles et sa première en 1962. Ce film est une interprétation de sa création, de ses actions par sa fille. Ici, elle confronte le passé et le présent, elle invite le spectateur à déchiffrer, à ressentir, à créer du sens.
BERNARD HEIDSIECK
Né
à Paris en 1928.
Ex-Directeur-adjoint
à la Banque Française du Commerce Extérieur, Paris. Grand Prix
National de Poésie 1991.
Ex-Président
de la Commission Poésie du Centre National du Livre.
Il
est l’un des créateurs, à partir de 1955 de la “poésie sonore”
et à partir de 1962 de la “poésie action”. 1955 : premiers
“Poèmes-partitions”, et à partir de 1959, utilisation du
magnétophone en tant que moyen d’écriture et de retransmission
complémentaire.
Le jour, pendant des décennies, il a été banquier. La nuit, pendant ces mêmes décennies, il était poète et plasticien. Bernard Heidsieck, qui était né le 30 novembre 1928, est mort à Paris le 22 novembre 2014.
VADUZ 1978
https://youtu.be/CUPuZzPaFJM
De Vaduz, capitale du Lichtenstein (le plus petit pays au monde), Bernard Heidsieck fait le centre du monde, à partir duquel il recense et dit la liste des peuples et ethnies de la planète.
Avec Vaduz, l’auteur nous fait entendre, de façon spectaculaire, l’unique dans la diversité : à la fois une grande œuvre humaniste, et une expérience extrême de la poésie-action.
PARTITION CONSONANTIQUE