mercredi 12 septembre 2018

ART CONTRAINTE ET HANDICAP




Le changement, par la maladie ou le handicap, de l’état de corps d’un Artiste et l’influence sur son travail

sera la ligne conductrice de notre travail cette année 

Nous citerons par exemple la polyarthrite rhumatoïde de Renoir, la poliomyélite de Frida Kahlo, l’intoxication à la résine de Rebecca Horn, la schizophrénie et bipolarité de Van Gogh, la pycnodysostose de Toulouse Lautrec, la perte de la vue de la danseuse et chorégraphe cubaine Alicia Alonso, le syndrome de down de l’acteur Belge Pascal Duquenne et bien d’autres….

* Comment leur travail a évolué, changer de direction du fait de leur nouvel état de corps ?
* Comment un état de corps influence un travail artistique ?
* qu’est ce qui est en jeux dans leur travail aujourd’hui ?
* qu’est ce qui est au travail dans leur travail ?
Etc…...

1er Sujet 2018/2019

CONSTRUIRE LE GESTE, RÉPÉTER LE GESTE 


Lever un bras, ou marcher, ou parler, s'endormir, commencer à apprendre quelque chose, réfléchir à un problème, prendre une décision, accepter ou refuser une demande ou un désir, répondre à un besoin ou céder à une impulsion soudaine- est purement "mental" ou purement "physique"??


Si le corps s’avère être "défectueux" cela n'en diminue pas pour autant sa capacité à agir de façon créative.

Le corps avant d'être jugé ou perçu est d'abord vécu


MERLEAU-PONTY : MON CORPS

Il y a une grande différence entre un comportement délibéré et un comportement machinal: l’un, conscient, est issu de ­l’esprit, l’autre, réflexe, est issu du corps. Comment savoir si mon corps est tout-puissant et décide de tout à ma place? C’est lorsque mon corps est fatigué que je décide de ne plus prêter attention à mon travail. Il n’y a en fait pas à opposer psychologique et physiologique: l’origine de l’acte est dans une existence concrète, corporelle et spirituelle, qui se porte insensiblement d’une direction à l’autre.

1. LE CORPS PROPRE

A. Le corps objectif et le corps phénoménal

J’appelle corps à la fois ce que je peux percevoir et ce sans quoi je ne peux percevoir. En tant que perspetible, mon corps est une chose dans le monde: c’est le corps objectif; en tant qu’il est condition de ma perception, je ne peux le percevoir: c’est le corps phénoménal. Le corps, dit Merleau-Ponty, est avec moi, jamais devant moi.
Le corps réel, c’est celui avec lequel je perçois, qui est dans le monde et qui fait qu’il y a pour moi un monde. Mon corps objectif n’est qu’un concept pour moi: c’est mon corps tel que je le verrais si j’étais dans un autre corps, qui serait par conséquent le mien. Le corps propre, c’est celui par lequel j’agis.

B. Mon corps

Connaître son corps, c’est savoir s'en servir, et le corps n’est pas ce que je vois là-bas, mais ce dont je me sers habituellement. Le corps est un faisceau d’habitudes, le foyer de mes actions quotidiennes; c’est lui qui donne son sens à mon monde coutumier. C’est lui qui fait que le piano n’est pas la même chose pour le pianiste et pour celui qui ne sait pas en jouer. Le corps donne son sens au monde, et le monde au corps.
Je dois faire abstraction de mon corps pour percevoir un monde, et du monde pour prendre conscience de mon corps. Au sens phénoménal, le corps n’est pas ce que je vois, mais ce avec quoi je me confonds lorsque je fais abstraction du monde. Mû par le flux d’une vie anonyme, il est tissé d’intentions de se mouvoir à l’appel du monde. Mon fond le plus intime est mon corps, et mon corps n’existe que telle une pluralité d’intentions préconscientes, qui constituent comme en secret un monde préalable pour ma conscience.

2. UN NOUVEAU COGITO

A. L’être-au-monde

Puisque je n’ai conscience de mon corps tel qu’il est réellement que dans l’action, et que l’action requiert que je fasse abstraction de mon corps pour ne braquer le projecteur que sur le monde, je n’ai conscience de mon corps qu’à travers ma conscience du monde.
Mon corps n’est pas un fragment d’espace, il est ce sans quoi il n’y aurait pas d’espace. On peut dire qu’il se trouve toujours ici, mais c’est un ici qui n’est pas spatial, en deçà de l’espace: le corps est comme la salle de cinéma, obscure pour que l’on puisse voir clair sur l’écran.

B. «Je peux» et «je pense»

Le pour soi, c’est la pensée; l’en soi, c’est le monde. Si le corps n’est qu’un en soi, il est pur mécanisme, objet hors de moi; si l’âme n’est qu’un pour soi, à l’image du cogito de Descartes, comment peut-elle avoir prise sur le corps et agir?
C’est qu’il ne faut ni partir du corps pour reconstituer la pensée ni partir de la pensée pour reconstituer le monde dont fait partie le corps. L’élément premier, c’est l’existence*: entre la volonté de se mouvoir et le mouvement objectif, il y a la signification motrice de la volonté pour le corps. L’intentionnalité du corps, son sentiment de puissance, c’est cela qui constitue le monde, comme ce sur quoi le corps a pouvoir; c’est de cela qu’insensiblement surgissent la volonté propre et la conscience personnelle.
À l’origine du «je pense», il y a donc un «je peux»: la première conscience du monde n’est pas conscience de le connaître, mais conscience de pouvoir agir sur lui par le corps. Il n’y a conscience que parce qu’il y a puissance, et comme la conscience du pouvoir du corps se fonde sur le monde, il n’y a conscience de soi que parce qu’il y a en même temps conscience du monde : la conscience du monde précède donc, chronologiquement et logiquement, la conscience de soi.



Le rythme c’est la pulsation des couleurs, des formes ou de la matière qui font surface temporelle dans l’espace du visible. Il peut être lent, vif, irrégulier, homogène, hétérogène et fonde la légitimité étymologiquement topologique des images. Le rythme dévoile la structure sous-jacente, il est cette structure ontologique des images. Pourtant il peut ne pas être.

Mais il paraît étrange de n’avoir point trouvé de terminologie propre aux arts plastiques pour définir cette poétique de l’espace mais seulement un mot emprunté à la musique. Voudrait-on parler de « spacialité » plastique ? Fondons ce terme dont nous pourrons donner la définition suivante: la spacialité serait la capacité d’une oeuvre à composer un espace distancié (qui crée une distance entre le sujet représenté en perspective et le plan du tableau) c’est à dire qu’elle désignerait certains éléments plastiques d’une composition picturale ou non qui sembleraient marquer et répartir l’espace de cette oeuvre elle-même autrement que par la perspective euclidienne.

Le rythme est la caractéristique d’un phénomène périodique induite par la perception d’une structure dans sa répétition. Le rythme n’est pas le signal lui-même, ni même sa répétition, mais la notion de forme ou de « mouvement » que produit la répétition sur la perception et l’entendement.


" La danse superpose deux espèces de mouvements: le changement de lieu qui spatialise le mouvement, mais aussi le rend extérieur à lui-même, et le mouvement intérieur, inducteur de l'espace poétique."

"La composition chorégraphique a souvent recours à des partitions, autant de représentations graphiques de la danse. La partition peut se présenter sous forme de notation, dessin, photos, traductions numériques
Cette quête de nouveaux supports renvoie à la notion de traduction soit le déplacement
d’un médium à un autre mais qui également génère de nouveaux espaces pour la création."

Les procédés chorégraphiques:



ADVA ZAKAÏ



A la fois chorégraphe, performeuse et curatrice, Adva ZAKAÏ explore différents champs dans la performance. A travers une recherche sur le dialogue entre le corps et le langage, elle interroge les notions d’expérience et de performance dans le cadre d’expositions soumises à des modes participatifs et de dispositifs scéniques.
Son travail chorégraphique s'attache à explorer la façon dont le corps et le langage sont perçus l'un à travers l'autre, et évoque une expérience qui peut être appréhendée à travers une pluralité de perspectives.
;

SOLO SOLUTION/ ONCE IN A LOOP TIME

From a performance at the 'Clifford Irving Show', Paris 2009
(Based on "How to spell a piece" (made and performed with Shila Anaraki, 2008))




N+N CORSINO




n + n Corsino ont réalisé deux créations sur les rapports de mouvement entre calligraphie et chorégraphie : Bangalore Fictions (Inde, 2013) et Signs (Chine, 2014).
C'est l’origine animale et végétale du tracé calligraphique comme stylisation des formes en mouvement qui les a intéressés : le geste fait signe.

La calligraphie coréenne déconstruit la chinoise au XVème siècle, se recompose en alphabet et sa graphie devient géométrique : elle connaît un développement qualifié de scientifique.
Dans Between the lines, une danse s'invente en langue et réciproquement.
Cette création associe des artistes coréens et français en résidence à SCENE44.


SIGNS 2014




"Signs, surfaces and the instant" est une navigation chorégraphique interactive créée par n + n Corsino en coproduction avec le musée Aurora.

A l'occasion du Festival annuel Croisements, organisé par l’Ambassade de France en Chine et des partenaires publics et privés chinois, le Musée Aurora présente la nouvelle création chorégraphique et nouveaux médias réalisée par n + n Corsino, intitulée Signs, Surfaces and the Instant (Signes, Surfaces et l’Instant).

Le spectacle incarne et exemplifie les possibilités offertes par la rencontre entre la création contemporaine et la collection muséale exceptionnelle d'antiquités chinoises.

FRANCOIS DEREAUX


Suite (extrait)
Work in progress (2004-2013)
Vidéo couleur, sonore, 114’, DV, version 1 écran, format 4/3. (existe en version multi-écrans selon les installations)
Image / Montage / Production : François Daireaux
Son : François Daireaux / Suzanne Durand


"Suite" est un work in progress actuellement composé d’une collection de 149 séquences de gestes de travailleurs manuels glanés par François Daireaux au cours de ses nombreux séjours en Algérie, Argentine, Bolivie, Chine, Inde, Maroc, Pakistan, Ouzbékistan.


tracer, raccorder
« Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme c’est la peau. » Paul Valéry, L’idée fixe, choses tues
« Je pense à l’herbe d’avant l’humanité, d’avant le langage. A un espace d’herbe où aurait dormi une bête, et qui en garda alors, insue de toute conscience, la forme, pour un instant. » Yves Bonnefoy,Comment aller loin, dans les pierres
« C’est aussi un mouvement cyclique que celui de l’organisme vivant, sans exclure le corps humain, tant qu’il peut résister au processus qui le pénètre et qui l’anime. La vie est un processus qui partout épuise la durabilité, qui l’use, le fait disparaître, jusqu’à ce que la matière morte, résultante de petit cycle vitaux individuels, retourne à l’immense cycle universel de la nature, dans lequel il n’y a ni commencement ni fin, ou toutes choses se répètent dans un balancement immuable, immortel ». Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne
Considérer chaque exposition comme un accrochage inédit d’œuvres même si certaines d’entre elles ont déjà été vues ailleurs. Une sculpture, une photo ou une vidéo méritent amplement d’être vues et revues plusieurs fois. S’instaure alors une familiarité que ne permet pas l’habitude, le réflexe maladif pourrait-on dire dans la plupart des cas, que prennent beaucoup de visiteurs d’expositions de filmer ou photographier avec leur téléphone portable sans réellement regarder le sujet. Regarder sans interface, et regarder encore. Le mécanisme de la mémoire fait que l’on se souvient avant tout de ce que l’on nous répète de nombreuses fois. François Daireaux reconsidère régulièrement ses œuvres, en recycle des parties. Il passe du temps en leur compagnie, les soigne, s’occupe d’elles, car il sait très bien qu’un objet a sa vie propre, qu’il faut les conserver, les stocker, s’en occuper un minimum pour qu’ils ne se détériorent pas. Non seulement accompagner mais entretenir, régulièrement. Mécanique presque quotidienne que l’on associe au travail de la mémoire.
Daireaux manipule beaucoup des matériaux très divers, les combine en élaborant des formes variées, parfois robustes, d’autres fois fines et fragiles. Par exemple, ces longues tiges recroquevillées, Sans titre, réalisées en plâtre recouvert de blanc de lithopone. Elles étaient obtenues le plus simplement du monde en coulant du plâtre dans une série de moules pointus faits de bas résille. Recouvertes par la suite du blanc de lithopone, dont la principale qualité est son grand pouvoir couvrant, les longues aiguilles furent disposées au sol, certaines dont les extrémités rebiquent côtoyant d’autres plus courtes et plus courbes.
La vie n’est que rebondissement, car deux années plus tard, suite à un malencontreux accident, les vestiges de Sans titre réapparurent sous une autre forme. Une caisse de bois vouée au transport d’œuvres les renferme désormais, depuis 1998, sous le titre Ce que je cherche à faire. Ne conserver que les ruines d’une œuvre suffit parfois à ce qu’elle perdure dans nos esprit. Chaque expo est une nouvelle occasion d’en prendre des nouvelles.
D’autres pièces eurent un destin similaire. L’une n’existe plus que sous la forme d’une photographie en noir et blanc (Pour ne pas oublier I, 2001). Deux nouvelles tiges de plâtre, longues et fines, tiennent côte à côte grâce à leur base, plus large et sans doute plus lourde. Une troisième, plus petite, tremblante, en retrait, appuyée contre le mur du fond, reste dans l’ombre des deux premières. L’image, de taille imposante, minérale et à dominante grise, évoque une menace sourde. Elle porte en elle les fragments d’un danger imminent. Peut-être celui de disparaître à tout jamais du fait de la fragilité des matériaux photographiés.
François Daireaux travaille le déploiement de motifs inquiétants. En cela, les formes qu’il invente ne sont pas anodines. La force de son propos réside dans l’apparente sérénité des termes employés, même lorsque le sujet est éventuellement douloureux. Polir les surfaces pour que rien ne dépasse, le lisse se mêlant au brut et le doux au piquant.
 Parler d’harmonie serait exagéré, mais chaque élément doit trouver sa place. Transformer la matière, travailler, beaucoup, en rythme, avec régularité et insistance. Sans se contraindre à faire des compromis, il s’agit de trouver coûte que coûte des solutions pour que cohabitent sans heurts un espace donné et les objets qui viennent l’envahir sans lui demander son avis.
Il y a toujours un petit défaut ou une faiblesse. L’élément discordant donne son intensité à l’ensemble. Maladie sous-jacente, intégrée au mouvement cyclique et quotidien permettant à l’artiste de survivre. Extinction. La perte d’une chose qui nous tient à cœur. Perdre la mémoire. Oublier un moment important contre son gré. Il en reste un profond sentiment d’injustice, inoubliable celui-ci. Et la vie continue [1]…
Prenons cette photographie, visiblement documentaire, prise en 2005. Des graines de Tournesol, empilées sur une petite table de fortune, sans doute en plein milieu d’une rue bondée. Nous retrouvons l’indispensable rangement, l’organisation sans faille. Cette petite sculpture, emprunte elle aussi de patience et de travail, semble vouloir témoigner de ce qui l’a vu naître. Elle semble prête à partir en voyage, les éléments qui l’entourent indiquent son futur conditionnement. Il est tout de même frappant de constater l’aspect quasi religieux de ce dispositif mobile. Il y a du rituel dans l’air. Nous imaginons très bien la précarité du vendeur de tournesol, et supposons qu’il doit déguerpir au cas où la police se pointe. L’image permet de constater que le travail est soigné, sans doute laborieux, et teinté d’une remarquable humilité. La jambe de gauche provoque des sentiments contradictoires, fait-elle partie d’un mouvement dynamique en direction de la table ? trépigne-t-elle d’impatience ? nous ne le saurons pas. Tout est rythme dans cette photographie, y compris le mouvement d’opposition entre la jambe et les deux empilements de cônes qui semblent dirigés à son encontre.
Une vraie course d’obstacles : les obstacles sont paraît-il nécessaires, continuité subtile qui forge le caractère. Fonctionner par association de gestes, répétés jusqu’à ceux-ci prennent tout leur sens. Il s’agit de créer un flux, fait d’interruptions intempestives. Ne pas vivre ni travailler dans la facilité, mais reproduire le même geste pour en trouver la limite. Et chaque objet terminé figure une étape dans le récit, une possibilité de dialogue [2avec le spectateur. Car il arrive que celui-ci prête attention à ce qui l’entoure, et remarque tel ou tel détail rendant compte de l’inachèvement permanent dans lequel nous nous trouvons. Par exemple, les quelques grammes de blanc de lithopone qui souillent le couvercle de la caisse, ou recouvrent partiellement le sol de la galerie. Peut-être l’artiste a-t-il pensé que son installation pourrait camoufler le sol, le rendre invisible, ou accentuer son aspect fade et même quelconque…
Si la photo suggère le mouvement mais ne peut le reproduire, la vidéo en revanche permet d’éprouver une durée dans toute sa longueur. Poitrine (7’, 2004) montre le rythme de travail d’un ouvrier lorsqu’il prépare des peaux de bêtes, les racle inlassablement de son outil dont le manche est appuyé sur sa poitrine. Le titre fait indirectement référence à sa respiration, forte et bruyante, qui envahit l’espace, rythme la vidéo. Le son ne se contente pas de souligner l’image. Il la devance ou la précède. En tous cas, est la partie active du récit. Son souffle nous coupe la chique. Oppressés par ce rythme dérangeant, nous ne pouvons plus respirer librement. L’œuvre ne laisse pas indifférent, elle prend à la gorge. Le son fait office de présence physique, palpable, et nous ressentons forcément les coups qu’il nous assène.
François Daireaux avait cette vidéo en tête depuis environ dix ans. Il fallait trouver le bon moment pour la réaliser. Le temps de se décider et de trouver la forme adéquate. Il fallait la vidéo, justement, pour concrétiser l’idée. Une nouvelle venue dans ses activités artistiques qui rend possible beaucoup de choses. Depuis un peu plus de trois années, elle fait partie de ses voyages à travers le monde, elle accompagne ses nécessaires déambulations dans des contrées qu’il ne connaît pas forcément. Médium très pratique de par sa légèreté et sa maniabilité, il permet d’être en prise avec la réalité dans un rapport très immédiat avec elle. Emmagasiner de nombreuses informations, des sortes de croquis, en vue de les retravailler plus tard, de retour dans l’atelier, face à l’ordinateur portable, lui aussi devenu nécessaire.
Parfois, qu’on le veuille ou non une idée peut resurgir du passé, comme un fantôme. Il s’agit de l’accepter, voire de s’en servir, car nous ne nous trouvons pas dans un film ni un point de vue sur le monde manichéens. Ne pas s’en faire mais en faire quelque chose. Produire : c’est le quotidien de François Daireaux.
Nous ne désirons pas réduire ni résumer le travail de l’artiste en quelques mots. C’est pourquoi il vaut sans doute mieux considérer ce que nous voyons comme les éléments plus ou moins mystérieux d’une piste que nous allons suivre avec toute la patience requise. 
A l’opposé du monde contemporain, obsédé par la vitesse, la performance et la compétition, ces œuvres nous invitent à considérer le temps libre comme une aubaine, permettant de déambuler simplement à notre propre rythme.
En guise de cheminement aléatoire, nous terminons par l’aspect programmatique des titres choisis par François D. Sans titre, Surface, Vert de terre, Poitrine, Un certain nombre, Fuite, Tournesol, Ce que je cherche à faire, Extinction, Mes ruines, Pour ne pas oublier…
Thomas Zoritchak
Janvier 2006

Texte d’introduction pour l’exposition de François Daireaux, "Tracer, raccorder" à laGalerie les filles du calvaire, Bruxelles, du 13 janvier au 18 février 2006.



LE SUJET:  A FAIRE POUR LE 8 OCTOBRE

1) A partir de votre médium habituel ( peinture, acting, dessin, photographie, volume etc...) vous allez construire  une chorégraphie de 2 à 4 minutes (aucun besoin esthétique)
Pour cela il vous d'abord construire une base de données gestuel, comme un alphabet.
Puis vous devez enchaîner des mouvements (gestes même micro-gestes) que vous aurez préalablement sélectionnés.
Ces gestes peuvent être fait en lien avec des objets.

2) Cette chorégraphie, le but est de la répéter jusque à épuisement et délitement du geste (sans atteinte à votre santé bien entendu) de la filmer puis de noter par la suite tout vos ressentit physique, mental et ainsi grâce à la vidéo, vos postures et  comment votre corps change au fur et à mesure de ses répétitions.

3)  vous pouvez travailler en bînome pour avoir un double regard sur votre état de corps








mardi 30 janvier 2018

PERFORMANCE/SCULPTURE

Sujet:

Un objet, vous tenez un objet là dans vos mains.


Comment peut-il être manier par votre corps?

quel relation peut-il y avoir entre cette objet et vous?
Qu'est ce que cette objet et vous peuvent bien nous racontez? 
Comment cette objet peut-il vous éprouver?
Comment peut-il devenir un fardeau?
etc...

http://performance-art.fr/fr/performance/sculptures-vivantes


http://performance-art.fr/fr/performance/sales-gosses-fait-poids


REFERENCE:



ESTHER FERRER





Esther Ferrer
Las cosas
Performance
Festival Le Lieu, Québec (Canadá), 1990
© Esther Ferrer, VEGAP, Bilbao, 2018 
Foto: F. Bergeron



Las cosas 1988, Festival le feu des mots
Bâtiment de l'Unesco Paris

http://www.paris-art.com/esther-ferrer

Expo Esther Ferrer
/Une des premières performances qu'Esther Ferrer a réalisées, dans les années 70, consistait à prendre les mesures de son corps nu avec un mètre de couturière. Taille de ses hanches, de ses mollets, de son cou, de ses seins : aucune des mensurations ne correspondait aux canons de la femme parfaite, et l'artiste, par ce simple geste, cassait bien des stéréotypes.
Esther Ferrer vit depuis longtemps à Paris, mais elle est née en 1937 à Saint-Sébastien, et a grandi sous la dictature de Franco, ce qui explique sans doute sa capacité à développer des « anticorps » contre toute forme de coercition et tentative de la faire entrer dans la norme. Esther Ferrer s'est exprimée avec son corps, et plus encore peut-être avec son visage, qu'elle ne ménage pas, réalisant hier comme aujourd'hui des autoportraits décapants et souvent bouffons, portés par un humour ravageur.
Une de ses oeuvres majeures met en scène une série de photomatons d'elle soumis aux pires traitements : tantôt elle découpe son visage en fines lamelles, tantôt elle le couvre de peinture ou de lettres parasites, quand elle ne l'oblitère pas d'un grand coup de feutre noir. On connaît aussi des autoportraits où ses yeux et sa bouche sont scotchés, où son nez est transformé en trompe d'éléphant, et d'autres encore où elle vomit des euros comme une machine à sous détraquée. Car Esther Ferrer n'est pas seulement féministe, elle est aussi fondamentalement anarchiste, ce qui fait dire à Franck Lamy, qui l'a récemment exposée au MacVal, à Vitry-sur-Seine, que « son art est politique dans le sens où il est le lieu de la liberté individuelle face aux diktats de toutes sortes ».
Esther Ferrer reconduit souvent, à des années de distance, certaines de ses performances, et l'une d'elles consiste à marcher, comme une funambule, sur une bande adhésive blanche qu'elle déroule sous ses pieds à mesure qu'elle avance. La performance s'intitule « Le chemin se fait en marchant ».
A 77 ans, Esther Ferrer continue, plus que jamais, de tracer sa voie.
NICK CAVE
Résultat de recherche d'images pour "PERFORMANCE SCULPTURE"
Nick Cave, Soundsuit


Malgré son homonymie avec le célèbre musicien australien, Nick Cave s’est fait connaître dans le monde entier grâce à ses œuvres à la vie double. Au-delà de leurs matières, textures, motifs et couleurs si reconnaissables, celles-ci sont tour à tour des sculptures exposées dans des musées et des costumes portés par des danseurs lors de happenings orchestrés par l’artiste. Et c’est pendant ces évènements éphémères que ses mannequins prennent vie et deviennent de véritables sculptures dansantes et musicales. En effet, les œuvres de Nick Cave, qu’il baptise « soundsuits », sont conçues pour habiller des danseurs et se transformer en véritables instruments de musique. Qu’elles soient en poils, en fleurs, en branches ou en jouets, toutes produisent des sons en s’animant et revisitent le concept de « tenue de scène » en lui donnant une nouvelle dimension. Les processions et ballets mis en scène par Nick Cave ont donc cela de spécifique: des couleurs flamboyantes, peu ou pas de mots, et les voix, non pas de ses comédiens, mais de ses costumes.

Le matériau de prédilection de Nick Cave: le cheveu. Utilisé sous forme de cascades de couleurs, il donne à ses sculptures dansantes des allures animales, entre crinière de fauve et plumage d’oiseau exotique. Il rappelle également les crêtes des punks ou des personnages de manga, les fourrures seventies ou les habits traditionnels d’Afrique. De ce tourbillon d’inspirations l’artiste fait jaillir comme par magie des yétis fluo dont les mouvements produisent à la fois des ondulations lumineuses étonnantes et  des sons, entre vent et coup de fouet.

DAVIDE BALULA

mimed sculpture 2016 performance avec 6 mimes et 6 piedestaux
Endless space (Clock mécanique pour 60 danseurs) , organisé pour la première fois à Performa 09 à New York en 2009
https://youtu.be/Hr3lx28m0yc

ROMAN SIGNER


Ski | 2000

Ski, 2000

River Sitter, Haslen, Kanton Appenzell
Heufieber | 2006

Heufieber, 2006

Video: Aleksandra Signer
Tel un enfant avide d’expériences pour comprendre comment l’eau se transforme en glace, pourquoi le bois ne laisse que des cendres après avoir brulé, à 73 ans, Roman Signer ne se lasse pas de jouer avec l’air, l’eau, et le feu…. 
Et même avec les vibrations sonores: un piano à queue noir est ouvert et sans couvercle. Deux ventilateurs se font face de part et d’autre de l’instrument, 50 balles de ping pong, de dimensions variables, vont et viennent sur les cordes en acier au hasard des courants d’air: une mélodie sans cesse improvisée émane de cet ensemble orchestral insolite sans pianiste, aux résonnances lointaines. De quoi rendre l’expérience d’autant plus énigmatique. Ces balles légères, remuantes, un brin insolentes auraient elles profité de l’absence du pianiste, (et de l’artiste ?) pour s’amuser librement et impunément, à notre insu?
Lorsque objets du quotidien et phénomènes physiques s’associent, la mise en scène se suffit alors à elle-même. Au centre de la salle située au fond de la galerie trônent deux ventilateurs suspendus face à face. Brassant de l’air, ils se repoussent par l’effet mécanique de l’un sur l’autre. Tel un numéro de cirque, dont l’enjeu consiste à faire rire, ce dispositif aussi minimal soit-il, offre le spectacle spontané d’une portion de réalité soumise aux regards. Un spectacle dont il n’est jamais l’acteur visible.
En effet, Roman Signer travaille toujours sans témoin direct, et le plus souvent en pleine nature, son atelier de prédilection. Deux skis sont disposés en équerre sur la neige, l’un des deux est surélevé et s’appuie sur un ballon rouge (première photographie)… Sur la deuxième photographie, le ski posé sur le ballon tombe sur le sol neigeux, et ce qui reste du ballon est suspendu sur l’une des spatules. Sur le troisième cliché, le «déchet» du ballon est tombé, il gît sur la neige à côté des skis. Discrétion malicieuse ou facétieuse, l’artiste se tient hors-champ, tel l’enfant attentif aux effets de ses bêtises. Si, pour certaines d’entre elles, l’artiste utilise des «objets résiduels », le plus souvent il se sert de matériaux légers: on peut ainsi voir sur une autre photo un «feu d’artifice» projetant vers le ciel des casques d’ouvriers.
L’art de détourner les objets de leur fonction initiale: les skis au ballon rouge de la première salle apparaissent maintenant grandeur nature. Ils surgissent du mur, les spatules suspendues pointent en direction des visiteurs. Il s’agit de skis anciens. Ici pas de furtive transformation de la matière, mais plutôt le résultat d’une lente évolution de cet objet qui a (sur)vécu après des années d’utilisation, et apparaît ici en suspension, et bien loin de son usage habituel, c’est-à-dire chaussés aux pieds d’un skieur et sur la neige.

HEDWIG  HOUBEN

Hedwig Houben, Six Possibilities for a Sculpture II, Ostende, 2010. Video still. Courtesy Galerie Fons Welters, AmsterdamSix Possibilities for a Sculpture II, Ostende, 2010. Video still. Courtesy Galerie Fons Welters, Amsterdam


L’histoire commence sous des auspices bibliques aux accents de western spaghetti (à moins que ce ne soit l’inverse) avec About the Good and the Bad Sculpture (2009), hilarant sketch vidéo de quelque quatre minutes narré d’une voix off parfaitement pince-sans-rire dont voici l’incipit : « Il y a quelques semaines, j’ai fait ces deux sculptures. J’avais dans l’idée de produire une sculpture réussie qui aurait été très belle, tandis que l’autre non. Mais ça a mal tourné. La sculpture qui était supposée être la bonne, s’est révélée être la ratée. » Qu’est-ce qu’une sculpture réussie ? L’interrogation irrigue pour l’instant la pratique de la jeune néerlandaise, métonymie aussi d’une réflexion plus fondamentale sur la nature de l’art, des objets, des comportements humains et de la vie sociale. Oui, tout cela. Tout cela peut découler de la différence entre deux sculptures. Sculptures en devenir qui plus est, car, pour Hedwig Houben les objets qu’elle met en scène ne sont pas tout à fait des « œuvres », elles sont généralement « en cours » de production, ou d’un résultat non encore totalement satisfaisant, se définissant elles-mêmes, lorsqu’elles prennent la parole, comme « en attente » — la chaise Rietveld de Personal Matters and Matters of Fact (2011) qui soupirerait presque, si tant est qu’une chaise puisse soupirer : « Eh bien, je suis déjà là depuis un bon moment et il ne s’est encore pas passé grand chose » ; les Good et Bad sculptures dont on apprend qu’elles ont été laissées de côté dans l’atelier, puis, quelques années plus tard (The Good, The Bad, The Happy, The Sad, (2014)), qu’elles sont posées sur le tapis du salon de l’artiste depuis plusieurs mois et qu’elles n’en ont pas été bougées, la Good sculpture expliquant qu’elles attendent « s’interrogeant, rêvant et désirant mais que, jusqu’à présent, rien ne s’est vraiment passé » — mais en attente de quoi, exactement ? Leur indétermination est évidemment ici ce qui fait leur force et leur intérêt — qui aurait envie d’écouter une sculpture sûre d’elle et de sa réussite ? Une indétermination poussée à son paroxysme dans deux pièces plus récentes, The Hand, the Eye and It (2013) et The Hand, the Eye, It and the Foot (2015), deux performances filmées qui voient apparaître un objet encore plus incertain qu’à l’habitude, un objet dont on peinerait même à décrire la forme et la couleur, que l’on pourrait au plus juste qualifier de masse semblable à un gros fœtus d’une cinquantaine de kilos, fait de plasticine blanche, rouge et brune, et que l’artiste a donc baptisé « It ».
Ce n’est assurément pas un hasard si la plasticine est le matériau de prédilection d’Hedwig Houben. Souple, modelable et remodelable, elle incarne la plasticité des formes tout autant que l’impermanence des objets qui se dessinent ici sous une impermanence des formes et une plasticité des objets. Depuis About the Good and the Bad Sculpture qui remettait en question les formes assignées par l’artiste aux deux sculptures, par le biais du commentaire assorti de suggestions de modifications matérialisées par des effets en post-production d’incrustation de lignes correctrices des volumes, à Five Possible Lectures on Six Possibilites for a Sculpture (2012) qui montre l’artiste conférencer au micro devant une table dont, au fil de son exposé, elle va gratter la surface grise pour en extraire les couches de pâte colorée sous-jacentes, détruisant par là la lisséité et la certitude induite par cette surface plane et satinée, en passant par About the Good and the Bad Sculpture 2 (2010), autre vidéo qui présente les scupltures sus-mentionnées sur l’étal d’un marché aux puces et modifiées selon les avis des passants à leur sujet, ou Six Possibilities for a Sculpture 2 (2010, Ostende), conférence filmée lors de laquelle on entend l’artiste annoncer que « l’objet [dont elle tient une maquette entre les mains] n’était pas destiné à être une sculpture mais conçu pour être un socle pour d’autres objets » puis décrire et présenter les (radicalement) différentes formes sous lesquelles elle l’a envisagé alors qu’elle continue de manipuler la première ébauche de cet objet que nous ne verrons jamais, malaxant la pâte souple, la pétrissant avec un plaisir de plus en plus manifeste et qu’à mesure sa voix s’aiguise, tout concourt à présumer une nature provisoire voire transitoire des objets.

SAVERIO LUCARIELLO




Les Choses en soi - les affections 1996
Épreuves chromogènes, 100 x 110 cm
Exemplaire unique
The things in oneself - the affections 1996
Chromogenic prints, 100 x 110 cm
Only example


Dans Les Choses en soi, l’Italien Saverio Lucariello prône l’érotisation de l’objet quotidien quand il caresse une bassine d’eau ou fait sa déclaration d’amour à une corbeille à linge. 

En même temps, il montre les émotions qui tournent au vide et les êtres humains qui s’avèrent irremplaçables.
Il maîtrise pour sa part les vertus ésotériques de l'idiotie. Ainsi multiplie-t-il les autoportraits en mage kitsch ou en fantôme monté sur brouette (Nomadisme glouton et boulimique), s'essayant, dans des tenues folkloriques à tendance disco, à des manipulations d'objets ou à des discours d'allure cabalistique. On en est à ce stade de l'appréhension des formes et des symboles où la tentation opérative se fait jour. Le mage Lucariello, faisant l'économie d'une théorie ou d'une initiation, se lance de manière sauvage dans une alchimie du quotidien. Bouts de tissus, outils de jardin, ustensiles de cuisine ou, ailleurs, charcuteries diverses, sont arbitrairement envisagés comme autant de pentacles magiques (Romantique nocturne et mélodique). Et c'est de son oeil goguenard ? qui n'est pas sans rappeler celui de Peter Sellers dans The Party de Blake Edwards ? que le chamane d'origine napolitaine, affublé de ses robes-toges acrylique, observe les manifestations que son fluide saura produire à plus ou moins long terme. Mais peu de choses adviennent. Seuls demeurent suspendus, en chorégraphie, gestes immotivés, propos incohérents, liturgie baroque (Affrontement topographique).

mercredi 1 novembre 2017

PERFORMANCE/ MATIÈRES 2ème sujet 2017/2018


Vous devrez préparez une performance artistique:
sonore, physique, poétique etc...
( au choix)
en lien avec une matière vivante, le but étant d’interagir avec elle de trouver un lien entre vous et elle.
Ce travail sera montrer en direct.
-Vous penserez:
temps, rythme, forme, positionnement, prise de parole, lisibilité, mais aussi bien que ce travail soit individuel il vous faudra pensée le groupe pour déterminer un ordre de passage cohérent... 

Les références:

HÉLÈNE ALMEIDA

« Mon corps est mon travail, mon travail est mon corps »


Née en 1934 à Lisbonne, où elle vit et travaille, Helena Almeida a achevé un cursus en peinture au département des Beaux-Arts de l’Université de Lisbonne en 1955, exposant régulièrement depuis la fin des années 1960. Dès ses débuts, elle explore et remet en question les formes d’expression traditionnelles, la peinture en particulier, suivant un désir constant d’enfreindre l’espace délimité par le plan pictural.
Peu connue en France, Helena Almeida est considérée comme l’une des plus grandes artistes contemporaines portugaises. Sa longue carrière lui a permis de s’imposer comme l’une des figures majeures de la performance et de l’art conceptuel dès les années 1970, notamment par des participations aux grandes manifestations internationales telles que les Biennales de Venise de 1982 et de 2005.
Après ses premières œuvres tridimensionnelles, Helena Almeida trouve dans la photographie un moyen de combattre l’extériorité de la peinture et de faire coïncider sur un même support l’être et le faire : « comme si je ne cessais d’affirmer constamment : ma peinture est mon corps, mon œuvre est mon corps ». Au-delà des lectures poétiques et métaphoriques que ces œuvres peuvent inspirer, elles sont des tentatives d’atténuation des limites des médiums, telles celles de la photographie, de la performance et de la sculpture.
Ces corps deviennent simultanément forme sculpturale et espace, objet et sujet, signifiant et signifié. Le travail d’Helena Almeida est un condensé, un acte soigneusement scénographié et hautement poétique. Les représentations de ces événements montrent également le contexte dans lequel l’artiste s’inscrit
Lors d’interviews, elle réfute que ses images soient des autoportraits. C’est toujours son corps qu’elle représente, mais c’est un corps universel. Dans ses Toiles habitées (1976), son corps traverse l’espace d’un châssis qui n’est désormais plus qu’une fenêtre. Dans ses Dessins habités (1975) un fil entre et sort du dessin, le trait de crayon devient fil, crin de cheval en fait, et c’est une illusion de troisième dimension qui se crée ainsi simplement. Ses Peintures habitées (1975) sont des illusions de miroir où, dédoublée, elle recouvre l’image de son visage de peinture bleue et le fait disparaître. Cette peinture bleue (a-t-elle à voir avec le brevet IKB ?) est un artifice, un obstacle, une oblitération d’elle-même : elle marque l’espace, dit-elle, et, dans la photo tout en haut, c’est sa bouche ouverte arrondie qui est remplie de cette couleur bleue : silence ou inspiration ?

Helena Almeida - Jeu de Paume
Helena Almeida, Pintura habitada [Peinture habitée], 1975Acrylique sur photographie — 46 × 50 cmCollection Fundação de Serralves — Museu de Arte Contemporânea, Porto — Foto Filipe Braga. © Fundação de Serralves, Porto

Helena almeida corpus performance art conceptuel jeu de paume 01 medium
Helena AlmeidaDentro de mim [À l’intérieur de moi], 1998Photographie noir et blanc — 185 × 122 cmColl. Fundação Luso-Americana para o Desenvolvimento, en dépôt à la Fundação de Serralves — Museu de Arte Contemporânea, Porto. Photo : Laura Castro Caldas et Paulo Cintra, courtesy FLAD, Lisbonne

Helena almeida corpus performance art conceptuel jeu de paume 03 medium
Helena AlmeidaSaída negra [Sortie noire], 1995Photographie noir et blanc (5 éléments) — 71 × 48 cm (chaque)Coll. Norlinda and José Lima, long-term loan to Núcleo de Arte da Oliva Creative Factory, S. João da Madeira. Photo Aníbal Lemos, courtesy Núcleo de Arte da Oliva Creative Factory, S. João da Madeira

OLIVIER DE SAGAZAN
Olivier De Sagazan
L’artiste Olivier De Sagazan met son corps au cœur de son travail. Avec de l’argile, son visage prend milles formes zombiesques et inquiétantes. C’est à la fois flippant et envoutant.
J’ai découverts Olivier De Sagazan, à l’occasion d’une performance qu’il a donné à l’Espace Kiron à Paris (le 31 mars 2012). Installé au milieu de la scène, habillée d’un costume, il est assis face aux spectateurs. Derrière lui, 2 tôles métalliques, et devant, des pots d’argiles, de peintures et divers objets. Pendant 20 minutes, sans musique, il va mètre sur son corps les substances argileuses, qui vont, comme par magie, pendre sur lui des formes curieuses. Progressivement, il se met en état de transe, il murmure, pousse des cris, il donne des coups dans les tôles, son costume glisse, laisse la place à son corps squelettique et son visage disparait pour en faire apparaitre d’autres. Il quitte la scène, il laisse le sol en chantier et des traces de matière (qui ressemblent à une peinture de Francis Bacon) sur les tôles encore agitées. Oui sa perfo vous prend aux tripes !


Ta fibre artistique date t’elle depuis ton enfance en Afrique ? 
Je suis né entre deux rives, sur un bateau qui allait de Bordeaux à Brazzaville. Mon travail est un peu aussi à l'image de ce croisement entre l'Occident et l'Afrique, l'intelligible et le sensible, la raison et un monde plus obscure où ce qui nous habite et nous fait désirer, constitue une sorte d'innommable qu'on ne peut exprimer que par la danse, le théâtre et les arts plastiques en général. 
 suite de l'interview à lire ici: http://www.foutraque.com/inter.php?id=144
vidéo Transfiguration à voir ici:
https://youtu.be/6gYBXRwsDjY

vidéo à voir sur son processus:
https://vimeo.com/126579807

MATHIEU BOHET

En 2001, il intègre l'École des Beaux-Arts de Rennes sous la direction de Jacques Sauvageot. Il rencontre des artistes qui utilisent la vidéo tout en mettant en avant le geste de l'artiste. Il travaille auprès de Marcel Dinahet, Luc Larmor, Lydie Jean-Dit-Panel, et Robert Cahen. Lors d'un échange scolaire il découvre les classes de Bartolomé Ferrando à la faculté des Beaux-Arts de Valence. Cette rencontre affirme son intérêt pour l'art d'action. Avec des artistes de Valence, il fonde l'association Sinberifora qui a pour but de promouvoir l'art d'action. Il participe à l'organisation du cycle de performances intitulé Arrt d'acccio qui réunit chaque mois trois artistes de la performance.
Diplômé d'un DNSEP, il rédige, en 2009, à la faculté des Beaux-Arts de Valence, son projet final de master sur le thème de la performance en relation à l'idée de la métamorphose du récit et de l'image-mouvement. Il y aborde sa pratique de la performance en s'appuyant sur une réflexion théorique autour de ces trois concepts. Ses actions peuvent avoir une envergure sociale et politique ou aborder des notions de psychologie autour de la construction de l'être par le biais de figures archétypales. La vidéo est un médium qui traverse toute son œuvre, que ce soit pour documenter ses actions, ou bien en entrant dans le processus de réalisation de l'action. Certaines actions sont accompagnées d'une vidéo projection, qui lui permet d'établir un rapport entre l'image et l'action qu'il réalise en direct, et de jouer avec les limites de la fiction et du réel. D'autres actions sont réalisées dans le but d'être filmées et n'existent qu'à travers le montage qu'il en fait.

Afficher l'image d'origine



VALENTINA TRAIANOVA

Valentina Traïanova est artiste et performeuse. Née à Sofia, elle vit à Paris.
Elle est arrivée en France en 1996, à Nice, où elle se fit passer pour une championne de planche à voile avant d'y poursuivre ses études. 
Elle est diplômée de l'E.P.I.A.R. Villa Arson(Nice) et de l'Académie libre Jules Pasquin (Sofia). Son travail a notamment été présenté : à la Maison Rouge fondation Antoine de Galbert, au Palis de Tokyo, au cneai=, aux Laboratoires d’Aubervilliers, à Bétonsalon, au Centre Pompidou-­‐Metz, au Mac/Val, au MUDAM (Luxembourg), à l’UBA et à The Fridge (Sofia, Bulgarie). « La voix est souvent la matière à sculpter » de Valentina Traïanova.
Elle réalise des œuvres sonores, des pièces radiophoniques, des dessins ainsi que des performances dans lesquelles elle se met en scène à partir de chorégraphies adaptées à une architecture.

Ayant grandi dans un environnement qui lui a permis de fréquenter les studios du cinéma central d'animation bulgare de Sofia, elle a pu très tôt découvrir différentes formes du dessin.En menant une réflexion sur différentes textures vocales et sonores du langage ainsi que sur le déplacement d'un champ de l'art à l'autre, elle invente la figure de la cantatrice-patineuse et le concept de surfaces augmentées avec le musicien Erik Minkkinen.
Parmi ses performances : Tokgora, (MAD# 1, 2015, La maison rouge/Fondation Antoine de Galbert Paris) ; Frankistan («Flamme éternelle » de Thomas Hirschhorn, 2014, Palais de Tokyo).
Valentina Traïanova collabore régulièrement avec l’écrivain et poète Antoine Dufeu, leurs productions génèrent l’entité Lubovda.

https://soundcloud.com/valentinatraianova





Katran par et avec Antoine Dufeu & Valentina Traïanova, le 11/06/15, dans le cadre de l’exposition Odradek, 30/05 >05/07, initiée et organisée par Mikaela Assolent & Flora Katz, aux Instants Chavirés (Montreuil). 

LA RIBOT

La Ribot, d’origine espagnole, suisse d'adoption et vivant à Genève, est souvent présentée comme danseuse, chorégraphe, réalisatrice et artiste visuelle – mais même cette description très générale est un peu trop réductrice. C’est une artiste radicalement transdisciplinaire – en effet, les points de départ de ses projets sont le mouvement, le corps et la danse d’où elle tire sa substantifique moelle; ensuite, elle adopte différents types de pratiques, systèmes, de matériaux que son concept lui inspire. Donc, au même titre que la danse et la performance live, son travail peut également faire intervenir la vidéo, le discours, le texte écrit et la signature, des objets et des installations, ainsi que des expériences « relationnelles » impliquant la participation de collègues artistes ou de parfaits profanes.

http://www.numeridanse.tv/fr/video/1859_n14
"N°14" est une performance qui fait partie des "pièces distinguées", un projet initié par La Ribot au début des années 90 suivant un protocole précis : des solos de trente secondes à sept minutes qu'elle interprète elle-même.


Afficher l'image d'origine
Panoramix 1993-2003

Confrontées à la rigueur de ses performances, les traditions de la représentation sont déstabilisées, le travail de l'artiste visant à suspendre et à prolonger ce moment d'incertitude qui ouvre des espaces affectifs, empreints d'expérience vivante. Point culminant d'un projet initié il y a dix ans, Panoramix présente, pour la première fois, les trois cycles constituant les 34 Pièces distinguées ainsi intitulées en hommage au compositeur français Erik Satie et à ses Trois valses distinguées du précieux dégoûté. Les Pièces distinguées sont de courts solos d'une durée comprise entre 30 secondes et 7 minutes. 13 Piezas distinguidas (1993), Mas distinguidas (1997) et Still distinguished (2000), sont montrées dans leur intégralité et rassemblés au sein d'un événement unique d'une durée de trois heures. Panoramix peut être envisagé comme une “ méta-performance ” au cours de laquelle les Pièces distinguées sont recyclées, réorganisées et redistribuées, générant un champ chargé d’énergies accumulées par l'expérience. Plongé au cœur d'une zone de concentration persistante, le spectateur peut n'être qu'un simple passant, s'impliquer totalement, ou même devenir un élément faisant partie intégrante du moment de la performance

.
still distinguished 2000
https://vimeo.com/76143750


STEVEN COHEN

steven-cohen

ENTRETIEN : Steven Cohen – Festival Les Rencontres de la Forme Courte 30/30 / Bordeaux Métropole/ Boulazac du 25 au 30 janvier 2015 – Jean-Luc Terrade, Directeur artistique.
JEU ET ENJEUX D’UN PERFORMER LIBRE.
Inferno. : Steven Cohen, prononcer votre nom revient à évoquer la figure de proue du performer qui rend à l’Art sa fonction première : faire éclater les conventions pour dévoiler ce qu’elles tentent de cacher, les ressorts de l’asservissement. En quoi votre rapport à l’Art se confond-il avec un acte essentiellement politique ?
Steven Cohen : Ce qui est étrange, c’est qu’au travers de mes performances j’ai l’impression de réitérer la même chose… et qu’au travers de cette répétition, c’est toujours du politique dont il s’agit. Venant d’Afrique du Sud, où chaque acte est pris dans un sens immédiatement politique, je ne peux échapper à cette nécessité vitale : ne serait-ce que bouger dans l’espace est chargé d’un sens politique (territoires très marqués par l’apartheid), le simple fait de parler est aussi politique (héritage de la parole sous contrôle)…
Quant à ma politique sexuelle, si elle est radicale, c’est parce que je ne suis pas « gay » mais que je suis « queer ». Pour moi, « gay » relève d’une identification commerciale, du moins très connotée socialement, or mon identité est « normale », exactement au même titre que celle des hétérosexuels. « Queer » me va mieux, cela peut aussi vouloir dire « ayez peur de ce que je représente »…
…Oui, une revendication politique qui fait de « queer », un genre comme un autre : « En étant queer, je suis différent », dites-vous… mais au même titre que l’autre est différent ! C’est cela l’idée ?
Steven Cohen : Voilà… Toujours humain !… Ce qui compte à mes yeux c’est cet idéal politique « sexuel » qui fait que les queers viennent au monde dans un monde fait pour eux aussi, que ce ne soit plus des « monstres »…
suite de l'article ici:
"Chandelier"
Le danseur et plasticien Steven Cohen est sud-africain, blanc, homosexuel et juif. Dans ses performances, sulfureuses et baroques, il travestit son corps en arme poétique.