mardi 30 janvier 2018

PERFORMANCE/SCULPTURE

Sujet:

Un objet, vous tenez un objet là dans vos mains.


Comment peut-il être manier par votre corps?

quel relation peut-il y avoir entre cette objet et vous?
Qu'est ce que cette objet et vous peuvent bien nous racontez? 
Comment cette objet peut-il vous éprouver?
Comment peut-il devenir un fardeau?
etc...

http://performance-art.fr/fr/performance/sculptures-vivantes


http://performance-art.fr/fr/performance/sales-gosses-fait-poids


REFERENCE:



ESTHER FERRER





Esther Ferrer
Las cosas
Performance
Festival Le Lieu, Québec (Canadá), 1990
© Esther Ferrer, VEGAP, Bilbao, 2018 
Foto: F. Bergeron



Las cosas 1988, Festival le feu des mots
Bâtiment de l'Unesco Paris

http://www.paris-art.com/esther-ferrer

Expo Esther Ferrer
/Une des premières performances qu'Esther Ferrer a réalisées, dans les années 70, consistait à prendre les mesures de son corps nu avec un mètre de couturière. Taille de ses hanches, de ses mollets, de son cou, de ses seins : aucune des mensurations ne correspondait aux canons de la femme parfaite, et l'artiste, par ce simple geste, cassait bien des stéréotypes.
Esther Ferrer vit depuis longtemps à Paris, mais elle est née en 1937 à Saint-Sébastien, et a grandi sous la dictature de Franco, ce qui explique sans doute sa capacité à développer des « anticorps » contre toute forme de coercition et tentative de la faire entrer dans la norme. Esther Ferrer s'est exprimée avec son corps, et plus encore peut-être avec son visage, qu'elle ne ménage pas, réalisant hier comme aujourd'hui des autoportraits décapants et souvent bouffons, portés par un humour ravageur.
Une de ses oeuvres majeures met en scène une série de photomatons d'elle soumis aux pires traitements : tantôt elle découpe son visage en fines lamelles, tantôt elle le couvre de peinture ou de lettres parasites, quand elle ne l'oblitère pas d'un grand coup de feutre noir. On connaît aussi des autoportraits où ses yeux et sa bouche sont scotchés, où son nez est transformé en trompe d'éléphant, et d'autres encore où elle vomit des euros comme une machine à sous détraquée. Car Esther Ferrer n'est pas seulement féministe, elle est aussi fondamentalement anarchiste, ce qui fait dire à Franck Lamy, qui l'a récemment exposée au MacVal, à Vitry-sur-Seine, que « son art est politique dans le sens où il est le lieu de la liberté individuelle face aux diktats de toutes sortes ».
Esther Ferrer reconduit souvent, à des années de distance, certaines de ses performances, et l'une d'elles consiste à marcher, comme une funambule, sur une bande adhésive blanche qu'elle déroule sous ses pieds à mesure qu'elle avance. La performance s'intitule « Le chemin se fait en marchant ».
A 77 ans, Esther Ferrer continue, plus que jamais, de tracer sa voie.
NICK CAVE
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Nick Cave, Soundsuit


Malgré son homonymie avec le célèbre musicien australien, Nick Cave s’est fait connaître dans le monde entier grâce à ses œuvres à la vie double. Au-delà de leurs matières, textures, motifs et couleurs si reconnaissables, celles-ci sont tour à tour des sculptures exposées dans des musées et des costumes portés par des danseurs lors de happenings orchestrés par l’artiste. Et c’est pendant ces évènements éphémères que ses mannequins prennent vie et deviennent de véritables sculptures dansantes et musicales. En effet, les œuvres de Nick Cave, qu’il baptise « soundsuits », sont conçues pour habiller des danseurs et se transformer en véritables instruments de musique. Qu’elles soient en poils, en fleurs, en branches ou en jouets, toutes produisent des sons en s’animant et revisitent le concept de « tenue de scène » en lui donnant une nouvelle dimension. Les processions et ballets mis en scène par Nick Cave ont donc cela de spécifique: des couleurs flamboyantes, peu ou pas de mots, et les voix, non pas de ses comédiens, mais de ses costumes.

Le matériau de prédilection de Nick Cave: le cheveu. Utilisé sous forme de cascades de couleurs, il donne à ses sculptures dansantes des allures animales, entre crinière de fauve et plumage d’oiseau exotique. Il rappelle également les crêtes des punks ou des personnages de manga, les fourrures seventies ou les habits traditionnels d’Afrique. De ce tourbillon d’inspirations l’artiste fait jaillir comme par magie des yétis fluo dont les mouvements produisent à la fois des ondulations lumineuses étonnantes et  des sons, entre vent et coup de fouet.

DAVIDE BALULA

mimed sculpture 2016 performance avec 6 mimes et 6 piedestaux
Endless space (Clock mécanique pour 60 danseurs) , organisé pour la première fois à Performa 09 à New York en 2009
https://youtu.be/Hr3lx28m0yc

ROMAN SIGNER


Ski | 2000

Ski, 2000

River Sitter, Haslen, Kanton Appenzell
Heufieber | 2006

Heufieber, 2006

Video: Aleksandra Signer
Tel un enfant avide d’expériences pour comprendre comment l’eau se transforme en glace, pourquoi le bois ne laisse que des cendres après avoir brulé, à 73 ans, Roman Signer ne se lasse pas de jouer avec l’air, l’eau, et le feu…. 
Et même avec les vibrations sonores: un piano à queue noir est ouvert et sans couvercle. Deux ventilateurs se font face de part et d’autre de l’instrument, 50 balles de ping pong, de dimensions variables, vont et viennent sur les cordes en acier au hasard des courants d’air: une mélodie sans cesse improvisée émane de cet ensemble orchestral insolite sans pianiste, aux résonnances lointaines. De quoi rendre l’expérience d’autant plus énigmatique. Ces balles légères, remuantes, un brin insolentes auraient elles profité de l’absence du pianiste, (et de l’artiste ?) pour s’amuser librement et impunément, à notre insu?
Lorsque objets du quotidien et phénomènes physiques s’associent, la mise en scène se suffit alors à elle-même. Au centre de la salle située au fond de la galerie trônent deux ventilateurs suspendus face à face. Brassant de l’air, ils se repoussent par l’effet mécanique de l’un sur l’autre. Tel un numéro de cirque, dont l’enjeu consiste à faire rire, ce dispositif aussi minimal soit-il, offre le spectacle spontané d’une portion de réalité soumise aux regards. Un spectacle dont il n’est jamais l’acteur visible.
En effet, Roman Signer travaille toujours sans témoin direct, et le plus souvent en pleine nature, son atelier de prédilection. Deux skis sont disposés en équerre sur la neige, l’un des deux est surélevé et s’appuie sur un ballon rouge (première photographie)… Sur la deuxième photographie, le ski posé sur le ballon tombe sur le sol neigeux, et ce qui reste du ballon est suspendu sur l’une des spatules. Sur le troisième cliché, le «déchet» du ballon est tombé, il gît sur la neige à côté des skis. Discrétion malicieuse ou facétieuse, l’artiste se tient hors-champ, tel l’enfant attentif aux effets de ses bêtises. Si, pour certaines d’entre elles, l’artiste utilise des «objets résiduels », le plus souvent il se sert de matériaux légers: on peut ainsi voir sur une autre photo un «feu d’artifice» projetant vers le ciel des casques d’ouvriers.
L’art de détourner les objets de leur fonction initiale: les skis au ballon rouge de la première salle apparaissent maintenant grandeur nature. Ils surgissent du mur, les spatules suspendues pointent en direction des visiteurs. Il s’agit de skis anciens. Ici pas de furtive transformation de la matière, mais plutôt le résultat d’une lente évolution de cet objet qui a (sur)vécu après des années d’utilisation, et apparaît ici en suspension, et bien loin de son usage habituel, c’est-à-dire chaussés aux pieds d’un skieur et sur la neige.

HEDWIG  HOUBEN

Hedwig Houben, Six Possibilities for a Sculpture II, Ostende, 2010. Video still. Courtesy Galerie Fons Welters, AmsterdamSix Possibilities for a Sculpture II, Ostende, 2010. Video still. Courtesy Galerie Fons Welters, Amsterdam


L’histoire commence sous des auspices bibliques aux accents de western spaghetti (à moins que ce ne soit l’inverse) avec About the Good and the Bad Sculpture (2009), hilarant sketch vidéo de quelque quatre minutes narré d’une voix off parfaitement pince-sans-rire dont voici l’incipit : « Il y a quelques semaines, j’ai fait ces deux sculptures. J’avais dans l’idée de produire une sculpture réussie qui aurait été très belle, tandis que l’autre non. Mais ça a mal tourné. La sculpture qui était supposée être la bonne, s’est révélée être la ratée. » Qu’est-ce qu’une sculpture réussie ? L’interrogation irrigue pour l’instant la pratique de la jeune néerlandaise, métonymie aussi d’une réflexion plus fondamentale sur la nature de l’art, des objets, des comportements humains et de la vie sociale. Oui, tout cela. Tout cela peut découler de la différence entre deux sculptures. Sculptures en devenir qui plus est, car, pour Hedwig Houben les objets qu’elle met en scène ne sont pas tout à fait des « œuvres », elles sont généralement « en cours » de production, ou d’un résultat non encore totalement satisfaisant, se définissant elles-mêmes, lorsqu’elles prennent la parole, comme « en attente » — la chaise Rietveld de Personal Matters and Matters of Fact (2011) qui soupirerait presque, si tant est qu’une chaise puisse soupirer : « Eh bien, je suis déjà là depuis un bon moment et il ne s’est encore pas passé grand chose » ; les Good et Bad sculptures dont on apprend qu’elles ont été laissées de côté dans l’atelier, puis, quelques années plus tard (The Good, The Bad, The Happy, The Sad, (2014)), qu’elles sont posées sur le tapis du salon de l’artiste depuis plusieurs mois et qu’elles n’en ont pas été bougées, la Good sculpture expliquant qu’elles attendent « s’interrogeant, rêvant et désirant mais que, jusqu’à présent, rien ne s’est vraiment passé » — mais en attente de quoi, exactement ? Leur indétermination est évidemment ici ce qui fait leur force et leur intérêt — qui aurait envie d’écouter une sculpture sûre d’elle et de sa réussite ? Une indétermination poussée à son paroxysme dans deux pièces plus récentes, The Hand, the Eye and It (2013) et The Hand, the Eye, It and the Foot (2015), deux performances filmées qui voient apparaître un objet encore plus incertain qu’à l’habitude, un objet dont on peinerait même à décrire la forme et la couleur, que l’on pourrait au plus juste qualifier de masse semblable à un gros fœtus d’une cinquantaine de kilos, fait de plasticine blanche, rouge et brune, et que l’artiste a donc baptisé « It ».
Ce n’est assurément pas un hasard si la plasticine est le matériau de prédilection d’Hedwig Houben. Souple, modelable et remodelable, elle incarne la plasticité des formes tout autant que l’impermanence des objets qui se dessinent ici sous une impermanence des formes et une plasticité des objets. Depuis About the Good and the Bad Sculpture qui remettait en question les formes assignées par l’artiste aux deux sculptures, par le biais du commentaire assorti de suggestions de modifications matérialisées par des effets en post-production d’incrustation de lignes correctrices des volumes, à Five Possible Lectures on Six Possibilites for a Sculpture (2012) qui montre l’artiste conférencer au micro devant une table dont, au fil de son exposé, elle va gratter la surface grise pour en extraire les couches de pâte colorée sous-jacentes, détruisant par là la lisséité et la certitude induite par cette surface plane et satinée, en passant par About the Good and the Bad Sculpture 2 (2010), autre vidéo qui présente les scupltures sus-mentionnées sur l’étal d’un marché aux puces et modifiées selon les avis des passants à leur sujet, ou Six Possibilities for a Sculpture 2 (2010, Ostende), conférence filmée lors de laquelle on entend l’artiste annoncer que « l’objet [dont elle tient une maquette entre les mains] n’était pas destiné à être une sculpture mais conçu pour être un socle pour d’autres objets » puis décrire et présenter les (radicalement) différentes formes sous lesquelles elle l’a envisagé alors qu’elle continue de manipuler la première ébauche de cet objet que nous ne verrons jamais, malaxant la pâte souple, la pétrissant avec un plaisir de plus en plus manifeste et qu’à mesure sa voix s’aiguise, tout concourt à présumer une nature provisoire voire transitoire des objets.

SAVERIO LUCARIELLO




Les Choses en soi - les affections 1996
Épreuves chromogènes, 100 x 110 cm
Exemplaire unique
The things in oneself - the affections 1996
Chromogenic prints, 100 x 110 cm
Only example


Dans Les Choses en soi, l’Italien Saverio Lucariello prône l’érotisation de l’objet quotidien quand il caresse une bassine d’eau ou fait sa déclaration d’amour à une corbeille à linge. 

En même temps, il montre les émotions qui tournent au vide et les êtres humains qui s’avèrent irremplaçables.
Il maîtrise pour sa part les vertus ésotériques de l'idiotie. Ainsi multiplie-t-il les autoportraits en mage kitsch ou en fantôme monté sur brouette (Nomadisme glouton et boulimique), s'essayant, dans des tenues folkloriques à tendance disco, à des manipulations d'objets ou à des discours d'allure cabalistique. On en est à ce stade de l'appréhension des formes et des symboles où la tentation opérative se fait jour. Le mage Lucariello, faisant l'économie d'une théorie ou d'une initiation, se lance de manière sauvage dans une alchimie du quotidien. Bouts de tissus, outils de jardin, ustensiles de cuisine ou, ailleurs, charcuteries diverses, sont arbitrairement envisagés comme autant de pentacles magiques (Romantique nocturne et mélodique). Et c'est de son oeil goguenard ? qui n'est pas sans rappeler celui de Peter Sellers dans The Party de Blake Edwards ? que le chamane d'origine napolitaine, affublé de ses robes-toges acrylique, observe les manifestations que son fluide saura produire à plus ou moins long terme. Mais peu de choses adviennent. Seuls demeurent suspendus, en chorégraphie, gestes immotivés, propos incohérents, liturgie baroque (Affrontement topographique).

mercredi 1 novembre 2017

PERFORMANCE/ MATIÈRES 2ème sujet 2017/2018


Vous devrez préparez une performance artistique:
sonore, physique, poétique etc...
( au choix)
en lien avec une matière vivante, le but étant d’interagir avec elle de trouver un lien entre vous et elle.
Ce travail sera montrer en direct.
-Vous penserez:
temps, rythme, forme, positionnement, prise de parole, lisibilité, mais aussi bien que ce travail soit individuel il vous faudra pensée le groupe pour déterminer un ordre de passage cohérent... 

Les références:

HÉLÈNE ALMEIDA

« Mon corps est mon travail, mon travail est mon corps »


Née en 1934 à Lisbonne, où elle vit et travaille, Helena Almeida a achevé un cursus en peinture au département des Beaux-Arts de l’Université de Lisbonne en 1955, exposant régulièrement depuis la fin des années 1960. Dès ses débuts, elle explore et remet en question les formes d’expression traditionnelles, la peinture en particulier, suivant un désir constant d’enfreindre l’espace délimité par le plan pictural.
Peu connue en France, Helena Almeida est considérée comme l’une des plus grandes artistes contemporaines portugaises. Sa longue carrière lui a permis de s’imposer comme l’une des figures majeures de la performance et de l’art conceptuel dès les années 1970, notamment par des participations aux grandes manifestations internationales telles que les Biennales de Venise de 1982 et de 2005.
Après ses premières œuvres tridimensionnelles, Helena Almeida trouve dans la photographie un moyen de combattre l’extériorité de la peinture et de faire coïncider sur un même support l’être et le faire : « comme si je ne cessais d’affirmer constamment : ma peinture est mon corps, mon œuvre est mon corps ». Au-delà des lectures poétiques et métaphoriques que ces œuvres peuvent inspirer, elles sont des tentatives d’atténuation des limites des médiums, telles celles de la photographie, de la performance et de la sculpture.
Ces corps deviennent simultanément forme sculpturale et espace, objet et sujet, signifiant et signifié. Le travail d’Helena Almeida est un condensé, un acte soigneusement scénographié et hautement poétique. Les représentations de ces événements montrent également le contexte dans lequel l’artiste s’inscrit
Lors d’interviews, elle réfute que ses images soient des autoportraits. C’est toujours son corps qu’elle représente, mais c’est un corps universel. Dans ses Toiles habitées (1976), son corps traverse l’espace d’un châssis qui n’est désormais plus qu’une fenêtre. Dans ses Dessins habités (1975) un fil entre et sort du dessin, le trait de crayon devient fil, crin de cheval en fait, et c’est une illusion de troisième dimension qui se crée ainsi simplement. Ses Peintures habitées (1975) sont des illusions de miroir où, dédoublée, elle recouvre l’image de son visage de peinture bleue et le fait disparaître. Cette peinture bleue (a-t-elle à voir avec le brevet IKB ?) est un artifice, un obstacle, une oblitération d’elle-même : elle marque l’espace, dit-elle, et, dans la photo tout en haut, c’est sa bouche ouverte arrondie qui est remplie de cette couleur bleue : silence ou inspiration ?

Helena Almeida - Jeu de Paume
Helena Almeida, Pintura habitada [Peinture habitée], 1975Acrylique sur photographie — 46 × 50 cmCollection Fundação de Serralves — Museu de Arte Contemporânea, Porto — Foto Filipe Braga. © Fundação de Serralves, Porto

Helena almeida corpus performance art conceptuel jeu de paume 01 medium
Helena AlmeidaDentro de mim [À l’intérieur de moi], 1998Photographie noir et blanc — 185 × 122 cmColl. Fundação Luso-Americana para o Desenvolvimento, en dépôt à la Fundação de Serralves — Museu de Arte Contemporânea, Porto. Photo : Laura Castro Caldas et Paulo Cintra, courtesy FLAD, Lisbonne

Helena almeida corpus performance art conceptuel jeu de paume 03 medium
Helena AlmeidaSaída negra [Sortie noire], 1995Photographie noir et blanc (5 éléments) — 71 × 48 cm (chaque)Coll. Norlinda and José Lima, long-term loan to Núcleo de Arte da Oliva Creative Factory, S. João da Madeira. Photo Aníbal Lemos, courtesy Núcleo de Arte da Oliva Creative Factory, S. João da Madeira

OLIVIER DE SAGAZAN
Olivier De Sagazan
L’artiste Olivier De Sagazan met son corps au cœur de son travail. Avec de l’argile, son visage prend milles formes zombiesques et inquiétantes. C’est à la fois flippant et envoutant.
J’ai découverts Olivier De Sagazan, à l’occasion d’une performance qu’il a donné à l’Espace Kiron à Paris (le 31 mars 2012). Installé au milieu de la scène, habillée d’un costume, il est assis face aux spectateurs. Derrière lui, 2 tôles métalliques, et devant, des pots d’argiles, de peintures et divers objets. Pendant 20 minutes, sans musique, il va mètre sur son corps les substances argileuses, qui vont, comme par magie, pendre sur lui des formes curieuses. Progressivement, il se met en état de transe, il murmure, pousse des cris, il donne des coups dans les tôles, son costume glisse, laisse la place à son corps squelettique et son visage disparait pour en faire apparaitre d’autres. Il quitte la scène, il laisse le sol en chantier et des traces de matière (qui ressemblent à une peinture de Francis Bacon) sur les tôles encore agitées. Oui sa perfo vous prend aux tripes !


Ta fibre artistique date t’elle depuis ton enfance en Afrique ? 
Je suis né entre deux rives, sur un bateau qui allait de Bordeaux à Brazzaville. Mon travail est un peu aussi à l'image de ce croisement entre l'Occident et l'Afrique, l'intelligible et le sensible, la raison et un monde plus obscure où ce qui nous habite et nous fait désirer, constitue une sorte d'innommable qu'on ne peut exprimer que par la danse, le théâtre et les arts plastiques en général. 
 suite de l'interview à lire ici: http://www.foutraque.com/inter.php?id=144
vidéo Transfiguration à voir ici:
https://youtu.be/6gYBXRwsDjY

vidéo à voir sur son processus:
https://vimeo.com/126579807

MATHIEU BOHET

En 2001, il intègre l'École des Beaux-Arts de Rennes sous la direction de Jacques Sauvageot. Il rencontre des artistes qui utilisent la vidéo tout en mettant en avant le geste de l'artiste. Il travaille auprès de Marcel Dinahet, Luc Larmor, Lydie Jean-Dit-Panel, et Robert Cahen. Lors d'un échange scolaire il découvre les classes de Bartolomé Ferrando à la faculté des Beaux-Arts de Valence. Cette rencontre affirme son intérêt pour l'art d'action. Avec des artistes de Valence, il fonde l'association Sinberifora qui a pour but de promouvoir l'art d'action. Il participe à l'organisation du cycle de performances intitulé Arrt d'acccio qui réunit chaque mois trois artistes de la performance.
Diplômé d'un DNSEP, il rédige, en 2009, à la faculté des Beaux-Arts de Valence, son projet final de master sur le thème de la performance en relation à l'idée de la métamorphose du récit et de l'image-mouvement. Il y aborde sa pratique de la performance en s'appuyant sur une réflexion théorique autour de ces trois concepts. Ses actions peuvent avoir une envergure sociale et politique ou aborder des notions de psychologie autour de la construction de l'être par le biais de figures archétypales. La vidéo est un médium qui traverse toute son œuvre, que ce soit pour documenter ses actions, ou bien en entrant dans le processus de réalisation de l'action. Certaines actions sont accompagnées d'une vidéo projection, qui lui permet d'établir un rapport entre l'image et l'action qu'il réalise en direct, et de jouer avec les limites de la fiction et du réel. D'autres actions sont réalisées dans le but d'être filmées et n'existent qu'à travers le montage qu'il en fait.

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VALENTINA TRAIANOVA

Valentina Traïanova est artiste et performeuse. Née à Sofia, elle vit à Paris.
Elle est arrivée en France en 1996, à Nice, où elle se fit passer pour une championne de planche à voile avant d'y poursuivre ses études. 
Elle est diplômée de l'E.P.I.A.R. Villa Arson(Nice) et de l'Académie libre Jules Pasquin (Sofia). Son travail a notamment été présenté : à la Maison Rouge fondation Antoine de Galbert, au Palis de Tokyo, au cneai=, aux Laboratoires d’Aubervilliers, à Bétonsalon, au Centre Pompidou-­‐Metz, au Mac/Val, au MUDAM (Luxembourg), à l’UBA et à The Fridge (Sofia, Bulgarie). « La voix est souvent la matière à sculpter » de Valentina Traïanova.
Elle réalise des œuvres sonores, des pièces radiophoniques, des dessins ainsi que des performances dans lesquelles elle se met en scène à partir de chorégraphies adaptées à une architecture.

Ayant grandi dans un environnement qui lui a permis de fréquenter les studios du cinéma central d'animation bulgare de Sofia, elle a pu très tôt découvrir différentes formes du dessin.En menant une réflexion sur différentes textures vocales et sonores du langage ainsi que sur le déplacement d'un champ de l'art à l'autre, elle invente la figure de la cantatrice-patineuse et le concept de surfaces augmentées avec le musicien Erik Minkkinen.
Parmi ses performances : Tokgora, (MAD# 1, 2015, La maison rouge/Fondation Antoine de Galbert Paris) ; Frankistan («Flamme éternelle » de Thomas Hirschhorn, 2014, Palais de Tokyo).
Valentina Traïanova collabore régulièrement avec l’écrivain et poète Antoine Dufeu, leurs productions génèrent l’entité Lubovda.

https://soundcloud.com/valentinatraianova





Katran par et avec Antoine Dufeu & Valentina Traïanova, le 11/06/15, dans le cadre de l’exposition Odradek, 30/05 >05/07, initiée et organisée par Mikaela Assolent & Flora Katz, aux Instants Chavirés (Montreuil). 

LA RIBOT

La Ribot, d’origine espagnole, suisse d'adoption et vivant à Genève, est souvent présentée comme danseuse, chorégraphe, réalisatrice et artiste visuelle – mais même cette description très générale est un peu trop réductrice. C’est une artiste radicalement transdisciplinaire – en effet, les points de départ de ses projets sont le mouvement, le corps et la danse d’où elle tire sa substantifique moelle; ensuite, elle adopte différents types de pratiques, systèmes, de matériaux que son concept lui inspire. Donc, au même titre que la danse et la performance live, son travail peut également faire intervenir la vidéo, le discours, le texte écrit et la signature, des objets et des installations, ainsi que des expériences « relationnelles » impliquant la participation de collègues artistes ou de parfaits profanes.

http://www.numeridanse.tv/fr/video/1859_n14
"N°14" est une performance qui fait partie des "pièces distinguées", un projet initié par La Ribot au début des années 90 suivant un protocole précis : des solos de trente secondes à sept minutes qu'elle interprète elle-même.


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Panoramix 1993-2003

Confrontées à la rigueur de ses performances, les traditions de la représentation sont déstabilisées, le travail de l'artiste visant à suspendre et à prolonger ce moment d'incertitude qui ouvre des espaces affectifs, empreints d'expérience vivante. Point culminant d'un projet initié il y a dix ans, Panoramix présente, pour la première fois, les trois cycles constituant les 34 Pièces distinguées ainsi intitulées en hommage au compositeur français Erik Satie et à ses Trois valses distinguées du précieux dégoûté. Les Pièces distinguées sont de courts solos d'une durée comprise entre 30 secondes et 7 minutes. 13 Piezas distinguidas (1993), Mas distinguidas (1997) et Still distinguished (2000), sont montrées dans leur intégralité et rassemblés au sein d'un événement unique d'une durée de trois heures. Panoramix peut être envisagé comme une “ méta-performance ” au cours de laquelle les Pièces distinguées sont recyclées, réorganisées et redistribuées, générant un champ chargé d’énergies accumulées par l'expérience. Plongé au cœur d'une zone de concentration persistante, le spectateur peut n'être qu'un simple passant, s'impliquer totalement, ou même devenir un élément faisant partie intégrante du moment de la performance

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still distinguished 2000
https://vimeo.com/76143750


STEVEN COHEN

steven-cohen

ENTRETIEN : Steven Cohen – Festival Les Rencontres de la Forme Courte 30/30 / Bordeaux Métropole/ Boulazac du 25 au 30 janvier 2015 – Jean-Luc Terrade, Directeur artistique.
JEU ET ENJEUX D’UN PERFORMER LIBRE.
Inferno. : Steven Cohen, prononcer votre nom revient à évoquer la figure de proue du performer qui rend à l’Art sa fonction première : faire éclater les conventions pour dévoiler ce qu’elles tentent de cacher, les ressorts de l’asservissement. En quoi votre rapport à l’Art se confond-il avec un acte essentiellement politique ?
Steven Cohen : Ce qui est étrange, c’est qu’au travers de mes performances j’ai l’impression de réitérer la même chose… et qu’au travers de cette répétition, c’est toujours du politique dont il s’agit. Venant d’Afrique du Sud, où chaque acte est pris dans un sens immédiatement politique, je ne peux échapper à cette nécessité vitale : ne serait-ce que bouger dans l’espace est chargé d’un sens politique (territoires très marqués par l’apartheid), le simple fait de parler est aussi politique (héritage de la parole sous contrôle)…
Quant à ma politique sexuelle, si elle est radicale, c’est parce que je ne suis pas « gay » mais que je suis « queer ». Pour moi, « gay » relève d’une identification commerciale, du moins très connotée socialement, or mon identité est « normale », exactement au même titre que celle des hétérosexuels. « Queer » me va mieux, cela peut aussi vouloir dire « ayez peur de ce que je représente »…
…Oui, une revendication politique qui fait de « queer », un genre comme un autre : « En étant queer, je suis différent », dites-vous… mais au même titre que l’autre est différent ! C’est cela l’idée ?
Steven Cohen : Voilà… Toujours humain !… Ce qui compte à mes yeux c’est cet idéal politique « sexuel » qui fait que les queers viennent au monde dans un monde fait pour eux aussi, que ce ne soit plus des « monstres »…
suite de l'article ici:
"Chandelier"
Le danseur et plasticien Steven Cohen est sud-africain, blanc, homosexuel et juif. Dans ses performances, sulfureuses et baroques, il travestit son corps en arme poétique.

EXTRAIT VIDÉO RÉFÉRENCE


Compagnie Sine Qua Non Art

EXUVIE 

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Chronique d’une mutation troublante, Exuvie est une transe lente où tout se transforme, une expérience totale et inédite, quasi-scientifique.
L’équipe artistique de Sine Qua Non Art propose une véritable immersion contemplative en paysage étranger : corps figés, corps piétons, corps à corps, donnent naissance à une fresque mouvante émaillée d’évocations issues des arts plastiques où se superposent les figures torturées de Munch et les drapés somptueux et maîtrisés des sculpteurs antiques ou des peintres classiques.
La figure du duo en danse se paramètre selon des modalités inédites. Un troisième protagoniste est convié à venir danser cette pièce chorégraphique : la cire, dans tous ses états. A la fois élément dramaturgique principal, matière scénographique, et partenaire des deux performeurs, la cire raconte sa propre métamorphose.
Son processus de transformation, d’un état liquide et translucide jusqu’à sa solidification définitive, détermine le rythme du spectacle. Et ce processus physique demeure sensible et variable : aucune représentation n’est tout à fait semblable à une autre.

''exuvie'' désigne l’enveloppe laissée par les vertébrés après la mue
L’écriture chorégraphique est résolument ancrée dans une exploration presque articulaire du mouvement, une amplification du geste cherchant une certaine densité du temps de la représentation. Car avec Exuvie, tout est affaire de temps. La paraffine impose ses contraintes. Dans cette course contre la montre, la danse est circonscrite dans une temporalité dictée par les lois de la physique. Le défi pour les danseurs : se rendre disponible pour habiter le temps défini par la réalité du plateau et le dispositif scénographique.
Dans le langage scientifique, «exuvie» désigne l’enveloppe laissée par les vertébrés après la mue, leur « ancienne peau ». Cet espace-temps mouvant est soutenu par la pulsation des musiciens qui exécutent en direct l’orchestration électro-rock de ce ballet surprenant. Elastique, épileptique, la création musicale live où les nappes de guitares préparées côtoient des pianos sous-marins et des fracas numériques, achève le récit scénique de cette traversée.
Traversée des corps se dépouillant de leurs habitudes sociales, soumis à leur animalité, pour parvenir enfin, à faire peau neuve.


MIQUEL BARCELO ET JOSEPH NADJ


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https://youtu.be/rhUWkEqYPt0

Un chorégraphe, un plasticien, de la terre crue… Un stupéfiant voyage dans le magma primitif.
C'est une histoire de terres, donc d'origines. Au fond de la scène, une toile tendue, recouverte d'une marne crayeuse. L'homme n'est pas encore apparu, c'est le temps de la genèse... Au sol, une argile rouge, détrempée, fertile. Ils sont bientôt là, les premiers sédentaires, deux hommes en noir armés de pioches rudimentaires. Cette terre, ils vont la scarifier, la déchirer, la violenter. S'y vautrer. S'en imprégner à tel point que leur costume sombre se fond en un nouveau tissu, maculé, souillé, placentaire. C'est un travail d'avant les mots qu'élaborent le chorégraphe Josef Nadj et le plasticien Miquel Barceló. Un séisme chaque fois renouvelé, qui a fait parcourir, l'été dernier, des frissons de stupeur et de plaisir dans les travées de l'église des Célestins, lors du festival d'Avignon. Un cri silencieux. Qui nous cloue devant cette fresque, avec toutes nos questions, toutes nos hypothèses. A l'image des deux